‹ Le Pneumothorax Électif: Étude Clinique et Physio-MécaniqueChapitre 16 sur 31 · CHAPITRE Ill · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ill

Etude Physio-Mécanique

Tel que nous l'avons défini, le pneumothorax électif pose un double problème : pourquoi le tissu malade restet-il collabé? Pourquoi le tissu sain garde-til un pouvoir d'expansion presque complet ?

Ces’ questions ont déjà fait couler beaucoup d'encre. En lisant les réponses proposées, nous nous rappelions les critiques de Claude Bernard sur la fragilité de théories scientifiques : mais qu'importe si les théories ont une valeur suggestive ? Qu'importe si, vraie ou fausse, Chacune nous apporte un peu de lumière ? A cet égard, l'étude du pneumothorax. fut précieuse. Elle attira l'attention de chercheurs sur la physio-mécanique de la collapsothérapie. Elle nous permit de dissocier avec précision, dans le vaet-vient pulmonaire, ce qui revenait au poumon, ce qui revenait à la plèvre, ce qui revenait à la paroi. À

Tout d'abord, les auteurs américains proposèrent une théorie qui ne nous retiendra pas. Elle se formulait ainsi : le gaz, chassé par l'expansion du lobe sain, vient s’accumuler sur le lobe malade pour le comprimer pendant

l’acte inspiratoire. Gette hypothèse évoque immédiatement la « virtus dormitiva » de Molière, car la question est précisément de savoir pourquoi le lobe sain garde son expan- SION.

Pavy Morgan nous donne une explication plus scientifique. D'après le physiologiste anglais — et, plus tard, Bernou ne fit que reprendre cette théorie — la zone malade d'un poumon perdait tout mouvement spontané. Elle était inerte, dans un état de mort physiologique. Done, elle se laissait refouler, quand on injectait du gaz dans I plèvre. Mais, une fois refoulée, elle ne cherchait ni à reprendre sa forme première, ni à accentuer la réduction de son volume.

Au contraire, les parties saines se laissaient comprimer facilement, plus facilement même que les zones pathologiques, mais ce refoulement était purement passager. En effet, elles conservaient leur élasticité et bientôt elles reprenaient leurs dimensions primitives.

Il en résultait que le gaz s'accumulait là où — par suite de l’inerlie du parenchyme malade —- Ies résistances sé trouvaient abolies. |

Il s'agissait, en somme, d’une théorie passive, Pavy el Bernou assimilaient le tissu malade à du tissu mort. Et l'expérience de laboratoire, que nous avons rapportée dans un autre chapitre, sembler apporter, à cette hypothèse, une vérification expérimentale.

En fait, cette théorie soulève plusieurs objections. L'une d'elles se présente immédiatement à l'esprit : si les choses se passent ainsi, pourquoi tous les pneumothorax ne sont-ils pas électifs ? Il est vrai que Pavy et Bernuu pourraient nous répondre : « Notre théorie n’est exacte que

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