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physiologique du terme, est difficile, pour ne pas dire impossible, à réaliser. La radiologie nous à montré, en effet, que l’immobilité absolue du poumon collabé était rare. Si complet que soit son affaissement, on peut presque toujours assister, lors de l'expansion thoracique, à quelques mouvements du poumon.
D'autre part, nous savons également que dans un pneumothorax les voies aériennes intra-pulmonaires gardent toujours leur perméabilité : les injections de lipiodol dans le moignon collabé nous ont enseigné nettement ce second fait (Geraud et de Reynier).
Enfin, pour être bienfaisante, la collapsothérapie n'a pas toujours besoin d’être totale. L'étude des résultats de la thoracoplastie nous à montré qu'il suffisait parfois, pour enrayer une évolution, de réduire de moitié le volume du viscère. Combien de porteurs de pneumothorax guérissent cliniquement ou fout au moins s’améliorent malgré l’apparition d'adhérences, malgré leur extension, et quelque: fois grâce à elles ! Les symphyses étendues avec emphysème atrophique secondaire sont des formes de guérison de la tuberculose pulmonaire. Cela revient à dire ceci : un collapsus complet, une immobilisation considérable du poumon ne sont pas toujours nécessaires pour obtenir une action efficace.
Il résulte de ces faits que le pneumothorax n'agic pês comme un appareil plâtré. À la conception d'une efficacilé par compression el immobilisation, M. Dumarest a substitué la notion d’un rôle plus complexe. La collapsothérapie est bienfaisante :
1° Parce qu'elle supprime la résorbtion toxinienne en supprimant la circulation sanguine et lympathique :
LME
2° Parce qu'elle supprime la fonction respiratoire et,
par suite, l'infection secondaire ;
3° Parce qu'elle permet Te repos fonctionnel et l’immo-
bilisation de l'organe.
Cependant, les faïts particuliers que nous venons d'exposer ont modifié notre conception de la collapsothérapié, mais nous permettent-ils d'aller plus loin ? Devons-nous conclure que le pneumothorax partiel assure d'aussi bons résultats que le pneumothorax total ? Nous ne le croyons pas. Aucune statistique d'ensemble ne permet sans doute d'opposer l'une à lautte ces deux méthodes cliniques. Mais la plupart des phtisiologues estiment que si le coilapsus intégral est physiologiquement impossible —- ce
que l’on désigne pratiquement sous le nom de pneumo-
thorax total doit garder la prépondérance. On devra le rechercher, toutes les fois qu'il sera possible, et qu'il ne fera courir aucun risque. Mais sera-t-il toujours possible ? Ne fera-t-il courir aucun risque? Nous avons vu plus haut que Bezançon et Jacquelin exposaient, au contraire, assez longuement les dangers que parfois il présente. Ef c'est en considération de ces dangers que le pneumothorax électi]
fail apparaître quelques avantages.
On Le voit : la recherche de l'électivité ne saurait conslituer une règle nouvelle. Cette méthode ne se substitue pas aux règles précédemment établies. Elle est simplement applicable à des cas particuliers. Elle est seulement indiquée dans quelques circonstances : indiquée, mais pas
loujours réalisable.
Quelles sont ces circonstances ? C’est là qu'il faut éviter
d’être aveuglé par l'enthousiasme. C’est là, en effet, que
nous rencontrons les dithyrambes dont se plaignait Ie professeur Bard.
Si l’on en croit les promoteurs de la méthode, le pneumothorax électif permettrait d'éviter la plupart des complications pleurétiques. D'après eux, les épanchements séro-fibrineux et purulents seraient provoqués ou facilités par l'hypertension intra-pleurale. Ils seraient également secondaires aux fistules pleuro-pulmonaires consécutives à des ruptures d’adhérences. Voïlà, selon nous, là première exagération Nous rappellerons tout d'abord que quelques malades dont nous avons rapporté l’histoire ont présenté des épanchements pleuraux. A cette réfutation pratique, nous ajouterons une réfutation doctrinale. Il est bien certain que les accidents pleuraux peuvent résulter de manœuvres de force ou de distensions brusques de la plèvre. Mais le pneumothorax total n’exige nullement ces pratiques intempestives. Comme l'écrit M. Dumares. | «La pleurésie peut être provoquée par une intervention maladroite ou brutale. La-plèvre est d'autant plus sensible aux traumatismes qu’elle est pathologique ». Aussi, dans la conduite de la cure, est-il nécessaire d'agir « selon une progression lente, continue, graduelle et sans à coup. Sauf de rares exceptions, les pressions positives sont inutiles et dangereuses. En s'inspirant de ces préceptes, on évite la plupart des accidents attribués au collapsus total par les promoteurs de l’électivité. D'autre part, la thoracoscopie nous a permis de mettre en évidence les altérations anatomiques pathologiques de la plèvre. Elle nous a montré la présence d’altérations pleurales sèches survenant au cours d’un pneumothorax et se manisfestant par, de ta fièvre. Ainsi le pneumothorax ne provoque pas la pleu-
résie et le pneumothorax électif ne la supprime pas. Enfin, nous ne croyons pas que les ruptures d’adhérences, ni les perforations pulmonaires soient fréquentes. Elles sont aussi rares au cours de la collapsothérapie totale qu’au cours de la collapsothérapie partielle. En résumé, ce premier avantage nous semble contestable : l’électivilé n'est pas une assurance contre Les accidents pleuraux.
En serait-elle une contre les déformations du thorax, les déviations du cœur et la réactivation des lésions qu'on observe quelquefois après l’abandon du pneumothorax total ? Les promoteurs de la méthode l’affirment. Mais là, plus que jamais, nous croyons « qu’enthousiasme est syno-
nyme d'aveuglement ».
En effet, ces accidents ne sont pas provoqués par le pneumothorax. Ils sont causés tantôt par une symphyse pleurales dont les forces de traction tendent à réduire le volume du poumon en le pressant « comme la main qui étreint », tantôt simplement par la force rétractile du parenchyme lui-même. La réactivation des lésions est également un accident toujours possible, toujours redoutable, lorsqu'’électif ou total, on abandonne un pneumothorax. Ne demandons pas à la collapsothérapie, médication locale, plus qu'elle ne peut donner. Elle ne saurait agir sur le caractère évolutif de l'infection, ni sur le ter: rain où celle-ci se déve'oppe. C’est peut-être parce que le pneumothorax électif, traitement des lobites, s'adresse à ces formes de tuberculose moins malignes, douées d’un pouvoir rétractile cicatriciel, que ses promoteurs ont pu Jui
prêter autant d'avantages,