‹ Le Pneumothorax Précocement Efficace: Association de la Section de Brides et de la Chrysothérapie Intra-PleuraleChapitre 20 sur 42 · JET · texte numérisé non relu

JET

les seules constatations manométriques qu’on apprécie le degré utile d’un collapsus.

Mais il est désormais possible, par l’irritation pleu-

rale, de favoriser cet étirement.

B. — L'irritation pleurale HISTORIQUE.

L'idée de provoquer artificieliement la rétraction pulmonaire n’est pas nouvelle. Elle est née de l’observation de ces épanchements favorables qui, au cours du pneumothorax artificiel, déclenchent l’achèvement du collapsus et tarissent l’expectoration bacillaire.

Il était tentant de reproduire ces pleurésies bienfaisantes : les premiers essais (injections intra-pleurales de liquide d’ascite, de formol, de nitrate d’argent) se révélèrent dangereuses et n’eurent pas de généralisation.

Il faut attendre les travaux de Bernou sur l’oléothorax (1922) pour que la méthode entre dans la pratique. On chercha d’abord à « comprimer » les lésions rigides par des injections massives d'huile. L’intensité des réactions produites par cet oléothorax de blocage, amena à préférer la technique des injections minimes qui suffisent à provoquer l’exsudation pleurale (Bernou, Bordet, U. Guinard, Courtois et Bonamis).

Bien d’autres produits furent essayés, car l’oléothorax irritatif n’est pas sans inconvénient « on n’est

souvent plus maître de la réaction déclenchée et l’on se réveille dans la situation désagréable de l’apprenti sorcier » (Sors).

Le sérum physiologique (Triboulet et Sors), le B.C.G. (Wenstenryk), la tuberculine (Amat), l’huile de foie de morue (Bezançon, A. Jacquelin et Etchegoin) ont tour à tour été préconisés, tandis que se développait sous l’impulsion de M. Léon-Kindberg, la pratique de la chrysothérapie intra-pleurale.

C’est par une voie détournée que Léon-Kindberg fut amené à l’emploi des sels d’or pour combattre inertie pulmonaire. Ils avaient, à plusieurs reprises, été utilisés dans le traitement des pleurésies purulentes tuberculeuses (Gullbring 1926, Villaret et Even 1928, Léon-Kindberg et Royer de Véricourt 1929).

L'expérience ne confirma pas les premiers résultats favorables, et la méthode fut abandonnée au profit des lavages de plèvre.

Mais tout n’était pas perdu de ces tentatives : dans une de ses trois premières observations, le Docteur Léon-Kindberg avait noté l’affaissement d’une caverne béante, inerte sous pneumothorax.

Les essais se multiplièrent, lentement d’abord, puis avec plus de décision devant le nombre des succès (22 cas rapportés par Léon-Kindberg et Netter en 1936, 180 cas en décembre 1937).

Labesse, Lafosse, Amat, apportaient de leur côté des observations démonstratives.

Après une période de tâtonnements sur les modalités d'application, la méthode est devenue, dans le

BOISSONNET 4

service de l'Hôpital Beaujon, d’une application quotidienne. La comparaison pendant une année, avec les résuitats obtenus dans une moitié du service où la collapsothérapie continuait d’être pratiquée suivant les techniques usuelles, ne laissait aucune hésitation.

Désormais la chrysothérapie intra-pieurale faisait partie de la « routine du service ».

« J'ai expérimenté moi-même, écrit Léon-Kindberg, toute la gamme des produits proposés, je les ai à peu près tous abandonnés et j’ai fixé mon choix sur les sels d’or, en raison de la qualité et de la

régularité des résultats ».

Ii persiste bien des inconnues à propos du mode d'action de ces procédés d’irritation pleurale. Les recherches expérimentales récentes nous ont apporté d’utiles renseignements : Binet et Verne, Clerc, Zorzoli et Sporn, étudient expérimentalement l’action de l’huile sur la plèvre.

Rossignol consacre un important travail à « l’étude expérimentale et clinique des pleurésies provoquées ».

Un traumatisme quelconque imposé au poumon aussi bien par des injections que par des insufflations détermine des perturbations vasculaires dans la corticalité du poumon. Fait intéressant, le poumon opposé est également le siège de phénomènes semblables par répercussion réflexe. La pleurésie est un phénomène secondaire à une réaction initiale pulmonaire.

Page 1