‹ Le Pneumothorax Précocement Efficace: Association de la Section de Brides et de la Chrysothérapie Intra-PleuraleChapitre 8 sur 42 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Nul ne conteste que, dans le traitement de la tuberculose pulmonaire, le pneumothorax artificiel constitue notre arme la plus puissante. Les statistiques se sont accumulées : elles s’échelonnent sur plus de 25 années, prenant ainsi la solidité d’une véritable expérimentation. Aucune autre méthode n’est actuellement susceptible de donner des résultats comparables.

Il ne s’agit donc plus de plaider sa cause : le problème est maintenant de délimiter son domaine. Accueilli d’abord avec défiance, il a connu depuis une singulière diffusion. Les critiques que soulève encore une telle extension de ses indications incitent à penser que la question peut-être à nouveau posée. En préciser les limites, la place qu’il doit occuper dans le traitement de la tuberculose, reste sans nul doute, un des points les plus délicats de la pratique phtisiologique.

Avec la réserve que chaque cas réclame une solution particulière, qu’on ne peut énoncer de règle absolue, nous allons essayer de dégager les principes généraux qui peuvent guider notre action.

La prudence commandait à ses débuts de réserver le pneumothorax artificiel aux tuberculoses d’embiée sévères, nettement unilatérales, surtout ulcéreuses, et après échec dûment constaté de la cure hygiéno-diététique.

Jusqu'à ces dix dernières années, c’est une attitude d'attente qui est généralement adoptée. Le premier geste est l'institution d’une cure sanatoriale. Il faut plusieurs mois pour se persuader que les lésions n’ont aucune tendance à la régression spontanée. Et si l’on se décide, enfin, à créer un pneumothorax, trop souvent on s’en contente sans plus qu’il soit ou non efficace ; les tentatives de perfectionnement ne sont que bien rarement mises en œuvre.

Quel que soit l’intérêt des résultats favorables, que des chiffres concordants fixent à 35 % des malades traités, on se heurte à une objection fondamentale seule une minorité, à peine 10 % des tuberculeux, peut en espérer quelque bénéfice. Toutes les formes bilatérales, tous les cas où des adhérences limitent le collapsus, et d'autre part, toutes les tuberculoses susceptibles, pense-t-on, de régresser par la cure hygiénodiététique se trouvent éliminées.

Le problème du traitement de la tuberculose pulmonaire dans son ensemble n’est guère modifié. Pour le plus grand nombre de malades, le sanatorium est le seul recours.

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Cela a changé, et changé du tout au tout.

D’abord parce que les obstacles auxquels on se

heurte, adhérences pleurales, lésions bilatérales, ne sont plus insurmontables, et que les progrès de nos techniques nous permettent de les vaincre souvent : la pleurolyse intra-pleurale transforme le pronostic d’un bon nombre de pneumothorax inefficaces; la possibilité d’un double collapsus permet d’étendre les indications.

En réalité toutes ces thérapeutiques ne concernent, elles aussi, qu’un nombre limité de cas.

C’est en envisageant le problème sous un angle différent que s’est modifiée complètement la lutte antituberculeuse; il est apparu très vite, que, réservé d’abord à « la lésion qui menace la vie » le pneumothorax donnerait des succès d’autant plus certains qu’il serait appliqué de façon plus fréquente, et, tout ensemble, plus précoce. En agissant tôt, nous essaierons de prévenir cette évolution fatale qui, plus tard, nous trouvera trop souvent désarmés. « On voudra bien admettre, dit Bronfin, que la plupart des cas avancés ont traversé une période où le pneumothorax aurait pu être entrepris avec succès ».

Cette application plus précoce de la collapsothérapie a multiplié la proportion des résultats favorables et permis son extension imprévue. Sa nécessité a rallié tous les phtisiologues; le pneumothorax n’est plus un pis-aller, un procédé qu’on utilise en désespoir de cause après une cure longue et rigoureuse. Pour donner son maximum de rendement il doit constituer non le dernier, mais le premier acte du traitement.

« La tuberculose est dès son apparition une maladie

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