‹ Le Pneumothorax Précocement EfficaceChapitre 18 sur 39 · ACCIDENTS · texte numérisé non relu

ACCIDENTS

En règle, tout se borne aux incidents que nous avons signalés.

Les réactions thermiques, douloureuses et liquidiennes sont transitoires et anodines.

— 1° la méthode n’expose guère aux risques connus de l’aurothérapie, peut-être en raison des faibles doses employées.

En exceptant les troubles digestifs passagers, puisqu'ils sont également signalés avec les injections d'huile (Rossignol, Julien et Babeau) nou avons relevé sur 150 cas. deux érythèmes sans gravité. Amat a rapporté un cas de purpura hémorragique, Brette une observation d’ictère, Roulin, une polynévrite.

Ces faits sont exceptionnels et la crainte d’ajouter un effet toxique à l’irritation de la plèvre par l’emploi des sels d’or ne nous paraît pas justifiée.

Il va sans dire, toutefois, qu’une intolérance grave

interdirait tout nouvel essai.

— 2° le danger de réaction excessive ou de rétraction définitive demeure imaginaire. La crainte que par l’irritation pleurale provoquée on fixe une rétraction pulmonaire trop importante est démentie par les faits. Au contraire, à maintes reprises est apparue

une sélectivité inexistante jusque-là.

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— 3° les autres complications ne sont point l’apanage des sels d’or. Elles sont inhérentes à la méthode même de l’irritation pleurale. Tous les produits peuvent les provoquer. La proportion n’est nullement augmentée par l'emploi des dérivés auriques.

Rossignol leur a consacré dans sa thèse une étude substantielle.

Nous retiendrons :

A) les pleurésies tuberculeuses

a) l’épanchement habituel à la réaction a pour caractère essentiel d’être bénin et éphémère, c’est un liquide séro-hématique, riche en éosinophiles, en tous points comparable à l’épanchement radiologique du pneumothorax artificiel.

b) si le traumatisme déclenché est plus violent, une pleurésie séro-fibrineuse tuberculeuse peut se constituer. Rien, dans son aspect clinique, son évolution, son traitement ne la distingue de la pleurésie tuberculeuse banale du pneumothorax. Elle comporte les mêmes risques de symphyse et le même pronostic somme toute bénin, si l’on s’astreint à une surveillance minutieuse.

c) la transformation purulente du liquide est, en fait, la seule complication à redouter.

Elle ne diffère pas par son expression clinique ni ses conséquences thérapeutiques des pleurésies purulentes du pneumothorax.

La méthode des lavages de plèvre est notre traitement le plus efficace.

De —

Cette complication est presque toujours comme nous le verrons l’apanage des pneumothorax franchement mauvais avec adhérences trop étendues, qui sont en fait, au-dessus de nos possibilités d’amélioration par l’irritation pleurale.

B) Nous n’avons pas observé de symphyse rapide en l’absence d’épanchement, éventualité qui serait fréquente pour Jullien après les injections d’huile, et qui serait expliquée par l’inflammation pleurale et la production de fibrine.

©) On a signalé des évolutions pulmonaires controlatérales. L’expérimentation montre que les injections intra-pleurales ont un retentissement sur les deux poumons.

Cette évolution contro-latérale est favorisée par les réactions trop violentes. Il importe de conduire les injections avec une sage prudence chez les malades porteurs de lésions bilatérales : « La méthode doit être considérée d’une manière générale comme moins maniable que la simple insufflation et par conséquent on devra se montrer, en ce qui la concerne, plus exigeant sur l’état du côté opposé que pour le simple pneumothorax. Toutefois, lorsque la pleurésie provoquée aura permis d’électiver un premier pneumothorax, il n’est pas interdit de penser à la création d’un pneumothorax bilatéral et, éventuellement à une pleurésie provoquée bilatérale » (Rossignol).

Nous rapportons plus loin quelques observations de

cet ordre.

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En fait, cette évolution contro-latérale est rare. P. Weiller étudiant l’action sur le côté opposé des sections d’adhérences rapporte 150 observations parmi lesquelles 120 avaient bénéficié de la chrysothérapie intra-pleurale et par suite avaient été soumises à un traumatisme pleural répété. Il trouve une proportion de 8,6 % d’aggravations contro-latérales parmi lesquelles 4,6 % passagères et bénignes.

Compte tenu des immenses avantages obtenus, on peut donc conclure à l’innocuité habituelle de la

méthode.

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