‹ Le Pneumothorax Précocement EfficaceChapitre 8 sur 39 · LÉ · texte numérisé non relu

LÉ

Cela a changé, et changé du tout au tout.

D'abord parce que les obstacles auxquels on se

CE Te

heurte, adhérences pleurales, lésions bilatérales, ne sont plus insurmontables, et- que les progrès de nos techniques nous permetteñt de les vaincre souvent : la pleurolyse intra-pleurale transforme le pronostic d’un bon nombre de pneumothorax inefficaces; la possibilité d’un double collapsus permet d’étendre les indications.

En réalité toutes ces thérapeutiques ne concernent, elles aussi, qu’un nombre limité de cas.

C’est en envisageant le problème sous un angle différent que s’est modifiée complètement la lutte antituberculeuse; il est apparu très vite, que, réservé d’abord à « la lésion qui menace la vie » le pneumothorax donnerait des succès d’autant plus certains qu’il serait appliqué de façon plus fréquente, et, tout ensemble, plus précoce. En agissant tôt, nous essaierons de prévenir cette évolution fatale qui, plus tard, nous trouvera trop souvent désarmés. « On voudra bien admettre, dit Bronfin, que la plupart des cas avancés ont traversé une période où le pneumothorax aurait pu être entrepris avec succès ».

Cette application plus précoce de la collapsothérapie a multiplié la proportion des résultats favorables et permis son extension imprévue. Sa nécessité a rallié tous les phtisiologues; le pneumothorax n’est plus un pis-aller, un procédé qu’on utilise en désespoir de cause après une cure longue et rigoureuse. Pour donner son maximum de rendement il doit constituer non le dernier, mais le premier acte du traitement.

« La tuberculose est dès son apparition une maladie

Et,

très grave. Il convient donc de la traiter dès son début par le seul moyen radical : le pneumothorax ». (Dumarest).

L'intérêt de l’appliquer tôt est évident, quand toutes les statistiques démontrent sa valeur. Comparant ses résultats avec ceux de la cure sanatoriale seule, J. Arnaud conclut que le pneumothorax double les chances de guérison et réduit des deux tiers les risques de rechutes. La guérison est plus rapidement obtenue : disparition des bacilles dans les premiers mois et nettoyage radiologique plus rapide. Quand le collapsus est efficace, ajoute Cutler, il accomplit plus en quelques semaines que peuvent faire en des mois les autres méthodes.

Nous n’avons rien à gagner à attendre, puisque, comme le note Dumarest, la précocité de l’intervention permet d’opérer dans de bonnes conditions de succès, au moment où la résistance du patient est encore peu atteinte. Elle prévient l’apparition des complications, ou de nouvelles localisations. Elle permet surtout d'obtenir un collapsus meilleur car les adhérences pleurales deviennent de plus en plus nombreuses à mesure que l’évolution est plus ancienne, exposant de façon toute particulière aux complications pleurales. Pour qu’un pneumothorax puisse être total, il faut qu’il soit précoce. |

Intervenir vite et tôt : cette règle de conduite est unanimement admise. Il faut songer au pneumothorax dès que le diagnostic de tuberculose pulmonaire peut être posé et le créer rapidement sans jouer la

chance du cas spontanément favorable, possible certes, mais aléatoire et imprévisible.

La collapsothérapie est devenue ainsi, suivant l’expression de Giraud, « la pierre angulaire de la thérapeutique antituberculeuse » et son application s’est étendue à presque toutes les formes unilatérales de tuberculose pulmonaire. Soulignant le contraste avec les 10 % des années précédentes, Leslie chiffre à 75 % le nombre des malades traités par pneumothorax au Michigan State Sanatorium.

BOISSONNET 2

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