‹ Le Pneumothorax Précocement EfficaceChapitre 9 sur 39 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Il n’y aurait rien à ajouter si quelques critiques ne laissaient entrevoir, comme le remarque Leslie, que ces notions se sont précisées dans la littérature médicale, mais qu’elles sont mises en pratique avec un esprit trop conservateur. Car si la cause du pneumothorax précoce paraît jugée, il reste trop souvent sous-entendu que seules les lésions d’une certaine étendue ou les tuberculoses excavées en sont l’indication formelle et urgente.

Une dernière étape reste à franchir : celle du pneumothorax précocement réalisé pour des lésions minimes.

Résumant les principes généralement admis en 1934, Coulaud écrivait « on considère comme une contre-indication du pneumothorax artificiel, l’existence de tuberculoses discrètes, non excavées. Les sacrifices que nécessite le traitement, sa longue durée, font conseiller l’abstention dans ces formes bénignes ».

Peu à peu la doctrine s’est précisée. Trois noms en France lui sont attachés : M. Rist l’expose dans un article magistral; M. Léon Kindberg la défend dans plusieurs études; Benzaquen la développe dans une importante thèse.

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À l'étranger de nombreux {ravaux lui sont consacrés : Miranda affirme l’un des premiers (1927) que chaque fois que l'examen montre de façon indiscutable une lésion pulmonaire unilatérale, dont le laboratoire vérifie la nature tuberculeuse, quelle que soit son extension, le pneumothorax doit être institué et aussi précocement que possible.

Depuis, le nombre des partisans grandit sans cesse, el parmi eux Pitanga, Morelli, Myers et Levine, Bendove, Bronfin-Nelson et Zaret, Cedric Shaw, Burrel, Cutler, Leslie, Turner.

Toutes les résistances ne sont pas vaincues : certains pensent que cette manière de voir risque de faire entreprendre un certain nombre de pneumoséreuses inutiles, « voire même que l’on fait parfois un véritable abus de la collapsothérapie » (Mignot et Mollard). |

Il est inutile, dit-on, de soumettre à la collapsothérapie des sujets qui vont guérir spontanément; le pneumothorax est la plus fidèle, mais non la seule méthode de traitement.

« Il va sans dire, écrit Dumarest, que la règle de la précocité doit être appliquée avec discernement et ne pas ouvrir la porte à une généralisation inconsidérée. Hormis les cas d’urgence, somme toute rares, qui commandent l’intervention rapide, il y a tout avantage à faire précéder l’intervention d’une cure sanatoriale qui permet d’en mäûrir les indications et parfois d’en éviter l’application ».

C’est l'avis de Rolland qui ajoute « certains phtisiologues ne comprendraient pas cette question (à quelles formes cliniques réserver la collapsothérapie) et répondraient qu’elle doit être mise en œuvre toutes les fois qu’elle est réalisable. Tous les jours nous voyons fâcheusement mise en pratique cette façon simpliste

d'envisager le traitement ».

Dans l’ensemble deux ordres de raisons sont invoquées :

— d’une part l'affirmation que tout peut très bien guérir par la simple cure de repos,

— d'autre part les risques de la pneumoséreuse.

« C’est à l’égard de ces tuberculoses que persiste l’idée en quelque sorte instinctive qu’elles ne demandent qu’à guérir toutes seules, que la cure sanatoriale suffira à les y aider et que les traiter par le pneumothorax ce serait vraiment écraser, comme l’ours de la fable, une mouche avec un pavé » (Rist).

Essayons de préciser la portée de ces critiques. La cure sanatoriale.

Une affirmation préliminaire n’est pas inutile : il ne s’agit nullement de se détourner du sanatorium et d’opposer cure et pneumothorax. Nul ne conteste que la cure reste toujours indispensable,

Elle a résumé pendant longtemps tout le traitement. Si l’on peut envisager maintenant, grâce à la collapsothérapie d’en restreindre les obligations et d’en

adoucir les sévérités, si d’autre part on peut se dire

hit.

tout bas avec Ameuille, « que certains rites sanatoriaux, comme l'horaire des cures de repos, que certaines croyances en l'efficacité particulière de certains climats à bon renom méritent la révision », cela n'empêche pas qu’à l’heure actuelle elle demeure une nécessité.

Les voix les plus autorisées l’ont rappelé à l’Académie de Médecine à une époque où sa valeur semblait mise en doute par certains. Les succès de la collapsothérapie conduisaient à la multiplication des pneumothorax ambulatoires et à une réduction dangereuse du repos nécessaire. Le sanatorium devenait presque un luxe superflu.

Il était utile de rappeler que la cure hygiéno-diététique, dont le sanatorium est la réalisation la plus systématique, avait constitué en son temps un immense progrès et que de nombreux malades lui ont dû des améliorations qu’on peut encore légitimement lui demander,

Il ne s’agit donc pas de négliger ses avantages. Estce à dire que tout soit faux dans les reproches qui lui sont faits ?

Un examen critique est légitime, d'autant plus que ses bases théoriques sont vagues et que c’est par une suite d’approximations cliniques que ses règles ont été peu à peu codifiées.

Sans nul doute, le repos et l’aération n’ont point perdu, depuis Bennet et Brehmer, leur importance capitale. Que cette aération soit particulièrement fa-

vorisée par certains climats, la vérité, dit Giraud, doit

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