PRELIMINAIRE
E public fait que cet ouvrage, compofé d’abord
J — 1 avec la rapidité que le zèle inlpire, reçut des accroifTemens à chaque édition qu’on en faifoit. Toutes les circonftances de la viéloire de Fontenoy, qu’on apprenoit à Paris de jour en jour, méritoient d’être célébrées, & ce qui n’étoit d’abord qu’une pièce de cent vers, eft devenu un poëme qui en contient plus de trois cens cinquante; mais on y a gardé toujours le même ordre, qui confite dans la préparation, dans l’aétion & dans ce qui la termine : on n’a fait même que mettre cet ordre dans un plus grand jour, en traçant dans cette édition le portrait des nations dont étoit compofée l’armée ennemie, & en Ipécifiant leurs trois attaques.
On a peint avec des traits vrais, mais non injurieux» les nations dont Louis XV a triomphé; par exemple, quand on dit des Hollandais qu’ils avoient autrefois brifé le joug de X Autriche cruelle , il cil clair que c’efl de l’Autriche, alors cruelle envers eux , que l’on parle» car alfurément elle ne l’eft pas aujourd’hui pour les E tats généraux; & d’ailleurs la Reine de Hongrie, qui ajoute
tant à fa gloire cfe la Maifon d’Autriche, fait combien les Français refpeétent fa perfonne & Tes vertus, en étant forcez de fa combattre.
Quand on a dit des Anglais, & la férocité le cède à la vertu , on a eu foin d’avertir en notes dans toutes Jes éditions, que ce reproche de férocité ne tomboit que fur le foldat.
En effet, il efl très-véritable que Iorfque la colonne Anglaife déborda Fontenoy, plufieurs foldats de cette nation crièrent Ab quarter, Point de quartier: On fait encore que quand M. de Sechelles féconda les intentions du Roi avec une prévoyance fi fingulière, & qu’il fit préparer autant de fecours pour les prilbnniers en-* ïiemis bleflèz, que pour nos troupes, quelques fan™ taffins Anglais s’acharnèrent encore contre nos foldats, dans les chariots même où l’on tranfportoit les vainqueurs & les vaincus bleffez. Les officiers qui ont par tout à peu près la mêmei éducation dans toute l’Europe, ont auffi la même générofité; mais il y a des pays où le peuple abandonné à lui -même, efl plus farouche qu’aiileurs. On n’en a pas moins loué la valeur & la conduite de cette nation, & fur-tout on n’a cité le nom de M. le Duc de Cumberland, qu’avec l’éloge que fa magnanimité doit attendre de tout le monde.
Quelques étrangers ont voulu perfuader au public que l’illuflre Adiffon, dans fon poëme de la campagne.
de Hocftet, avoit parlé plus honorablement cîe la Maifon du Roi que l’Auteur même du poëme de Fontenoy : ce reproche a été caufe qu’on a cherché l’ouvrage de M. Adifton à la bibliothèque de Sa Majefté, 8c on a été bien furpris d’y trouver beaucoup plus d’injures que de louanges, c’eft vers le trois centième vers. On ne les répétera point, & il eft bien inutile d’y répondre ; la Maifon du Roi leur a répondu par des viétoires. On eft très -éloigné de refufer à un grand Poète 8c à un Philofophe très-éclairé, tel que M. AdilTon, les éloges qu’il mérite; mais il en mérL teroit davantage, 8c il aurait plus honoré la Phiiolophie & .la Poëfie, s’il avoit plus ménagé dans fon poëme des Têtes couronnées, qu’un ennemi même doit toujours refpeéler, 8c s’il avoit fongé que les louanges données aux vaincus, font un laurier de plus pour les vainqueurs: il eft à croire que quand M. Adiffon fut Secrétaire d’état, le Miniftre fe repentit de ces indé-1 cences échappées à l’auteur.
Si l’ouvrage Anglais eft trop rempli de fiel, celui-ci refpire l’humanité ; on a longé en célébrant une bataille, à infpirer des fentimens de bienfaifance : malheur à celui qui ne pourrait fe plaire qu’aux peintures de la deftruétion , 8c aux images des malheurs des hommes.
Les peuples de l’Europe ont des principes d’humanité qui ne fe trouvent point dans les autres parties du monde; ils font plus liez entr’eux, ils ont des loix
qui leur font communes; toutes les Maifons des Souverains font alliées ; leurs fujets voyagent continuellement & entretiennent line liaifon réciproque. Les Européens chrétiens font ce qu etoient les Grecs, ils fe font la guerre entr eux, mais ils confervent clans ces diffamons tant de bienféance, & d’ordinaire de politeffe, que fouvent un Français, un Anglais, un Allemand qui fe rencontrent, paroiffent être nez dans la même ville. Il eft vrai que les Lacédémoniens de | les Thébains étoient moins polis que le peuple d’Athenes, mais enfin toutes les nations de la Grèce le regardoient comme des alliés qui ne fe faifoient la guerre que dans fefpérance certaine de la paix : ils infultoient rarement à des ennemis qui dans peu d’années clevoient etre leurs amis. C’eft fur ce principe qu’on a tâché que cet ouvrage fût un monument de la gloire du Roi , êc non de la honte des nations dont il triomphe: on feroit fâché d’avoir écrit contr’elles avec autant j d aigreur que quelques Français en ont mis dans leurs fàtyies contre cet ouvrage d un de leurs compatriotes, j mais la jaloufie d auteur a auteur eft beaucoup plus grande que celle de nation à nation.
On a dit desSuifles qu ils font no s antiques amis nos concitoyens , parce qu’ils le font depuis deux cens cinquante ans : On a dit que les Etrangers qui fervent | dans 110s armées, ont fuivi l’exemple de la Maifon du Roi & de nos autres troupes , parce qu’en effet c’eff ‘ toujours
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toujours à la nation qui combat pour Ton Prince , à donner cet exemple, & que jamais cet exemple n’a été mieux donné.
On n otera jamais à la nation Françaife la gloire de la valeur & de la politefle. On a ofé imprimer que ce vers
Je voi cet étranger qu’on croit né parmi nous
étoit un compliment à un Général né en Saxe, d’avoir l’air Français. Il eft bien queflion ici d’air & de bonne grâce : Quel efl; l’homme qui ne voit évidemment, que ce vers hgnifte que ce Général étranger efl: auffi attaché au Roi que s’il étoit né fon fujetî
Cette critique eft auffi judicieufe que celle de quelques perfonnes qui prétendirent qu’il n’étoit pas honnête de dire que ce Général étoit dangereufement malade» lorfqu’en effet fon courage lui ht oublier l’état douloureux où il étoit réduit, & le ht triompher de la faibleffe de fon corps ainh que des ennemis du Roi.
Voilà tout ce que la bienféance en général permet qu’on réponde à ceux qui en ont manqué.
L’auteur n’a eu d’autre vue que de rendre fidèlement ce qui étoit venu à fa connoiffance; & fonfeui regret eft de n’avoir pu dans un h court efpace de tems, & dans une pièce de h peu d’étendue, célébrer toutes les belles aétions dont il a depuis entendu parler; il ne pouvoit dire tout, mais au moins ce qu’il a dit, eft vrai, la moindre flatterie eût déshonoré un ouvrage fondé
fur la gloire du Roi & fur celle de la Nation. Le pîaifir de dire la vérité l’occupoit fi entièrement , que ce ne fut qu après fix éditions qu’il envoya fon ouvrage à la plupart de ceux qui y font célébrez.
Tous ceux qui font nommez, n’ont pas eu lesoccafions de fe fignaler également: Celui qui, à la tète de fon régiment, attendoit l’ordre de marcher, n’a pu rendre le même fervice qu’un Lieutenant général qui étoit à portée de confeiller de fondre fur la colonne. Anglaife, & qui partit pour la charger avec la Maifon du Roi. Mais fi la grande aétion de l’un mérite d’être rapportée, le courage impatient de l’autre ne doit pas être oublié: Tel eft loué en général fur fa valeur, tel autre fur un fervice rendu ; on a parlé des bleffures des uns, on a déploré la mort des autres.
Ce fut une juftice que rendit le célèbre M. Defpréaux à ceux qui avoient été de l’expédition du paff ige du Rhin: Il cite près de vingt noms, il y en a ici plus de foixante; & on en trouverait quatre fois davantage, fi la nature de l’ouvrage le comportoit.
II feroit bien étrange qu’il eût été permis à Homère, à Virgile, au Talfe, de décrire les blelfures de mille guerriers imaginaires , & qu’il ne le fût pas de parler des héros véritables qui viennent de prodiguer leur fang, & parmi lefquels il y en a plaideurs avec qui i auteur avoit eu l’honneur de vivre, & qui lui ont lailfé de fincères regrets.
L attention fcrupuleufe qu’on a apportée dans cette édition , doit fervir de garant de tous les faits qui font énoncez dans le poëme ; il n’en eft aucun qui ne doive être cher à la nation & à toutes les familles qu’ils regardent. En effet , qui n’eft touché fenfibiemenî en iifant le nom de fon fils, de fon frère, d’un parent cher , d’un ami tué ou bleffé , ou expofé dans cette bataille qui fera célèbre à jamais; en Iifant, dis- je, ce nom dans un ouvrage qui, tout faible qu’il eft, a été honoré plus d’une fois des regards du Monarque , & que Sa Majeflé n’a permis qu’il lui fût dédié, que parce ! qu’Elle a oublié fon éloge en faveur de celui des officiers qui ont combattu & vaincu fous fes ordres l
C’eft donc moins en poète qu’en bon citoyen, qu’on a travaillé : on n’a point cru devoir orner ce poëme de longues frétions, fur -tout dans la première chaleur du public, & dans un tems ou l’Europe netoit occupée que des détails intéreffans de cette viétoire importante, achetée par tant de fang.
La fîétion peut orner un fujet, ou moins grand, ou moins intéreffant, ou qui placé plus loin de nous, laiffe l’efprit plus tranquille: Ainfi, lorfque Defjpreaux s’égaya dans fa defeription du paffage du Rhin, c’étoit trois mois après l’aétion; & cette aétion, toute brillante qu’elle fut, n’eft à comparer, ni pour l’importance, ni pour le danger, à une bataille rangée, gagnée fur un j ennemi habile, intrépide & fupérieur en nombre, par
un Roi expofé , ainfi que Ton fils, pendant quatre heures au feu de i’artillerie.
Ce 11’eft qu’après s’étre laide emporter aux premiers mouvemens de zèle , après setre attaché uniquement à louer ceux qui ont fi bien fcrvi la patrie dans ce grand jour, qu’on sert permis d’infcrer dans le poème, lin peu de ces frétions qui affaibliroient un te! fujet fi on vouloit les prodiguer; & on ne dit ici en proie que ce que M. Adiffon lui -même a dit en vers dans fon fameux poème de la campagne de Hocflet.
On peut, deux mille ans après la guerre de Troie, faire apporter par Vénus à E'néedes armes que Vulcain a forgées, & qui rendent ce héros invulnérable ; on | peut lui faire rendre fon épée par une Divinité, pour la plonger dans le fcin de fon ennemi. Tout le Confeil | des Dieux peut s’affembler , tout l’Enfer peut fe déchaîner, Aleéton peut enivrer tous les efprits des venins de fa rage ; mais ni notre fiècle ni un événement ü récent, ni un ouvrage fi court, ne permettent guères çes peintures devenues les lieux communs de la poëfie.,
II faut pardonner à un citoyen pénétré, de faire parler : fon cœur plus que fon imagination , & l’auteur avoue : qu’il s’eft plus attendri en difant :
Tu meurs, jeune Craon: Que le Ciel moins févère Veille fur les deftins de ton généreux frère l
que s’il avoit évoqué les Euménides, pour faire ôter la vie à un jeune guerrier aimable.
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II faut des Divinités dans un poëme épique, & furtout quand il s’agit de héros fabuleux ; mais ici , le vrai Jupiter, le vrai Mars, c’eft un Roi tranquille dans le plus grand danger, & qui Iiafarde fa vie pour un peuple dont il eft le père: C’efl lui, c’efl fon bis, ce font ceux qui ont vaincu fous lui , 6c non Junon & Juturne qu’on a voulu & qu’on a dû peindre. D’ailleurs, le petit nombre de ceux qui connoiffent notre poëfie» favent qu’il eft bien plus aifé d’intérefler le ciel, les enfers & la terre à une bataille, que de faire reconnaître & de diftinguer par des images propres Sc fenfibles, des Carabiniers qui ont de gros fufils rayez, des Grenadiers, des Dragons qui combattent à pied 6c à cheval, de parler de retranchemens faits à la bâte, d’ennemis qui s’avancent en colonne , d’exprimer enfin ce qu’on n’a guères dit encore en vers.
C’étoit ce que penfoit M. Adilfon, bon poète 6c critique judicieux: Il employa dans fon poëme qui a immortalifé la campagne de Hocftet, beaucoup moins de frétions qu’on ne s’en eft permis dans le poëme de Fontenoy. Il favoit que le Duc de Marlboroug 6c le Prince Eugène fe feraient très- peu fouciez de voir des Dieux où il étoit quefiion des grandes aétions des hommes ; il favoit qu’on relève par l’invention les exploits de l’antiquité , 6c qu’on court rifque d’affaiblir ceux des modernes par de froides allégories ; il a fait mieux , il a intéreffé l’Europe entière à fon aétion. II
en eft à peu près de ces petits poëmes de trois cens ou de quatre cens vers fur les affaires préfentes, comme d’une tragédie ; le fond doit être intéreffant par luimême, & les ornemens étrangers font prefque toujours fuperflus.
On a dû fpécifïer les différens corps qui ont combattu, leurs armes, leur pofition, l’endroit où ils ont attaqué, dire que la colonne Anglaife a pénétré, exprimer comment elle a été enfoncée par la Maifon du Roi, les Carabiniers, la Gendarmerie, le régiment de Normandie, les Irlandais, &c. Si on n’étoit pas entré dans ces détails, dont le fond eft fi héroïque, 6c qui font cependant fi difficiles à rendre, rien ne diftingueroit la bataille de Fontenoy d’avec celle de Tolbiac. Defpreaux dans le paffage du Rhin a dit:
itevel les fuit de près, fous ce chef redouté Marche des Cuir a fer s ïefcadron indompté .
On a peint ici les Carabiniers, au lieu de les appelfer par leur nom, qui convient encore moins aux vers que celui de Cuiraffiers. On a même mieux aimé dans cette dernière édition caraédérifer les fonctions de l’E'tatmajor, que de mettre en vers les noms des officiers de ce corps qui ont été bleffez.
Cependant on a ofé appeller la Maifon du Roi par fon nom , fans fe fervir d’aucune autre image. Ce nom de Maifon du Roi qui contient tant de Corps invincibles, imprime une affez grande idée, fans qu’il fois
beloin d’autre figure ; M. Adifion même ne l’appelle pas autrement. Mais il y a encore une autre ration de i avoir nommée, c’efl la' rapidité de i’adion.
Vous, peuple de héros dont la foule s'avance,
Louis, fon fils, l’état, l’Europe ejl en vos mains i Alaifon du Roi marchei, &c.
Si on avoit dit, la Maifon du Roi marche , cette expreffion eût été profaïque & languiflante.
On n’a pas voulu s’écarter un moment dans cet ouvrage, de la gravité du fujet: Defpreaux, il efi vrai, en traitant le pafTage du Rhin dans le goût de quelquesunes de fes épîtres , a joint le plaifant à l’héroïque ; car après avoir dit :
Un bruit s’épand «/w’Enguien ÎT Condé font paffez ;
Condé , dont le fcul nom fait tomber les murailles ,
Force les ef cadrons, gagne les batailles ;
Enguien , de fon hymen le feul & digne fruit, &C.
II s’exprime enfuite ainfi :
Bien-tôt .... mais Vurts s'oppofe à l’ardeur qui m’anime ; Finirons il ejl tems ; aufi-bien fi la rime Alloit mal-à-propos m’engager dans Arneim ,
Je n’en fai, pour fortir, de porte yz/Hildesheim.
Les perfonnes qui ont paru fouhaiter qu’on employât dans le récit de la vidoire de Fontenoy , quelques traits de ce ftyle familier de Boileau, n’ont pas.
ce me femble, a fiez diftingué les lieux & les tems, 8c il ont pas fait la différence qu’il faut faire entre une épître Si un ouvrage d’un ton plus férieux & plus févère ; ce qui a de la grâce dans le genre épiftolaire, n’en auroit point dans le genre héroïque.
On n’en dira pas davantage fur ce qui regarde l’art Si le goût , à la tête d’un ouvrage où il s’agit des plus grands intérêts, Sc qui ne doit remplir i’elprit que de ia gloire du Roi, Si du bonheur de la patrie.
LA
Quoi, du fiècle pafîe îe fameux fàtyrique Aura fait retentir la trompette héroïque,
Aura chanté du Rhin les bords enfanglantez.
Ses défenfeurs mourans, fes flots épouvantez,
Son Dieu même en fureur effrayé du paflàge,
Cédant à nos aïeux fbn onde & fon rivage !
Et vous, quand votre roi, dans des plaines de fàng,
Voit la mort devant lui voler de rang en rang;
Tandis que de Tournay foudroyant les murailles,
II fufpend les aflauts pour courir aux batailles ;
Quand des bras de l’hymen s’élançant au trépas,
Son Fils, fbn digne fils, fuit de fx près fes pas;
Vous, heureux par fès loix, & grands par fa vaillance, Français, vous garderiez un indigne filence!
Venez le contempler aux champs de Fontenoy;
O vous, gloire, vertu, Déeffes de mon roi!
Redoutable Beilone, & Minerve chérie,
Paffion des grands cœurs, amour de la patrie,
Pour couronner Louis prêtez-moi vos lauriers ;
Enflammez mon efprit du feu de nos guerriers;
Peignez de leurs exploits une éternelle image.
Vous m’avez tranfporté fur ce ftinglant rivage. J’y vois ces combattons que vous conduifez tous ; C’eft-Ià ce fier Saxon qu’on croit né parmi nous, Maurice, qui touchant à l’infernale rive,
Rappelle pour Ion roi fon ame fugitive.
Et qui demande à Mars, dont il a la valeur.
De vivre encore un jour & de mourir vainqueur. Confervez, jufies cieux, fes hautes defîinées.
Pour Louis & pour nous prolongez fes années.
Déjà de la tranchée Harcourt eft accouru.
Tout pofie eft niïîgné, tout danger eft prévu; Noailles pour fon roi plein d’un amour fidelle,
Voit la France en fon maître & ne regarde qu’elle. Ce lang de tant de rois, ce lang du grand Coudé, D’Eu, par qui des Français le tonnerre eft guidé; Penthievre, dont le zèle avoit devancé l’âge,
Qui déjà vers le Mein fignala fon courage,
Bavière avec de Pons, Boufïers & Luxembourg, Vont, chacun dans leur place, attendre ce grand jour Chacun porte ia joie aux guerriers qu’il commande: Le fortuné Danoy, Chabannes, Galerande,
Le vaillant Berenger, ce défenlèur du Rhin,
Colbert & du Chaila, tous nos héros enfin,
Dans l’horreur de la nuit, dans celle du filence. Demandent feulement que le péril commence.
Louis avec le jour voit briller dans les airs Les drapeaux menaçans de vingt peuples divers;
Le Belge qui jadis fortuné fous nos princes Vit i’aboiidauce alors enrichir fes provinces;