‹ Le poème de la jeunesseChapitre 57 sur 58 · L ESPERANCE · texte numérisé non relu

L ESPERANCE

Toute la vie est belle, il suffit de l'aimer ! Tes livres, tes espoirs, la clarté de ta lampe, Par les belles-de-nuit le jardin parfumé Et l'étang où la lune en voile jaune trempe,

Le cri plaintif et doux d'une bête qui meurt, Le regard entrevu d'une femme qui passe, Lne antique maison sous la glycine en fleur Où le passé sourit au fond des vieilles glaces,

Le mendiant qui s'en va plein de mélancolie. L'histoire des parents par un vieux serviteur, Les étoiles, les champs, tout cela c'est la vie. Tout cela est empreint d'une grande douceur.

Et. puisque la nature a dit sur ton berceau : De l'enfant que voici, je ferai un poète: Ce cœur encor obscur, je le marque à mon sceau, Il saura de mes vents les paroles secrètes,

Dira l'espoir, la mort, comme un vase profond Qu'on remplit tour à tour de parfums ou de terre, Et vivra sans honneur et sans vrai compagnon, Car les rois exilés sont toujours solitaires...

De l'arbre et de la nuit, écoute le langage ; Comme un ami, chez toi. reçois l'adversité; Aime la fleur, l'enfant, le pauvre et le nuage, Ea vierge et l'horizon, c'est là la vérité...

Viens donc! Voici ma main fugitive et légère, Vois la beauté du soir trembler sur les feuillages Ce crépuscule au loin, c'est toute ta j-'unesse; Ramasse ton bâton et reprends ton voyag

Sois indulgent d'avance à l'injure prochaine. Puisque l'aile des chants doit briller de tes pleurs ; Parle à la jeune fille assise à la fontaine, Parle à l'ami ingrat et parle au voyageur

Et porte à tous, rempli d'amour, un cœur d'apôtre, Comme ces Ilots profonds imprégnés de senteurs Oui transportent d'un bord de l'océan à l'autre. Chez des peuples divers, de semblables ardeurs.

le poète

Je te suis, descendons au fond de la vallée, Le long de la forêt et par ce chemin noir ; Je vois luire là-bas une lampe isolée, Si douce qu'on dirait une âme dans le soir.

Un laboureur aveugle est assis sur la porte :

11 a l'air d'évoquer des êtres dans les champs;

Il tourne ses regards dont les clartés sont mortes.

Comme s'il le voyait, vers le soleil couchant.

Et moi, je suis aveugle aussi comme cet homme. Tu me fais apparaître, au gré de mes désirs, Des chimères, des fleurs, des robes et des formes, Elles ont disparu quand je veux les saisir.

Je suis toujours trompé et toujours prêt à croire ; Je ne prends que du vent lorsque j'ouvre les bras ; Mais c'est là mon orgueil et ma plus douce gloire D'aimer un rayon d'or que je n'atteindrai pas.

Il n'importe! partons! Si tu me prends la main, Ni l'or ni les lauriers ne me sont désirables ; Je les verrai flotter aux branches du chemin, Ils brilleront pour moi dans les reflets du sable.

C'est vrai, le monde est beau! Que j'aime ce silence, Ces forets de sapins, ces profondes allées! Heureux qui, comme moi, conduit par l'espérance, Voit trembler une lampe au fond de la vallée...

Paris. Yillefranche-de-Laiira?uais. 18!)9-1901.

)THECA

TABLE DES MATIÈRES

TABLE DES MATIÈRES

Pages.

Hélène 39

Jésus 43

Le mauvais larron 4'.)

Merlin l'Enchanteur 53

La belle Paule 58

Ophélie 61

Don Quichotte 64

Napoléon 67

346 TABLE DES MATIÈRES

Pagres.

Un soir 79

Son cœur 81

Les quatre dames 85

Ses larmes 91

La méditation des voyages 95

Quand je serai mort 101

Méditation dans un bois 106

L'amie triste 109

Méditation dans la ville de Bruges 113

La cabane 120

On m'a dit 123

Le voyage de la comédienne et du poète 131

La solitude 137

Chanson du poète ivre 139

Autre chanson du poète ivre 142

Plus tard 147

Dernière chanson du poète ivre 150

Rupt ure 1 56

Ladieu 160

Le mineur 193

L'adieu du verrier 200

La brodeuse 206

Le marin 210

La pauvre fille et le poète 21 i

TABLE DES MATIERES

Pages.

La chanson de la forge

Le couvent 225

Les baladins 229

La jeune fille et la vie - -

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