‹ Le poëme de LucrèceChapitre 2 sur 93 · AVANT«PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT«PROPOS

sibles à tout le monde et surtout à la jeunesse stu- ' dieuse les grands problèmes que souvent on se fût {

un devoir de lui dérober. On s’imagine volontiers j

en France qu’on supprime les questions en les ;

esquivant, et qu'on détruit les dangers de la science I

en la laissant ignorer. On va même jusqu’à faire de l’incuriosité une vertu. Sordide et faux calcul qui ne laisse plus à la jeunesse que la ressource des curiosités frivoles. Il faut au contraire lui ouvrir ^

toutes les plus hautes sources de la poésie, de la i

philosophie, de l'éloquence. Où trouvera-t-elle | plus que chez Lucrèce l'enthousiasme moral, les { vastes pensées qui agrandissent l’esprit, le goût du I sublime qui fait à jamais mépriser les petitesses de l’art, enfin cette naturelle magnificence qui d’un ] seul vers remplit l’imagination et qu’on ne peut comparer qu’à celle d’Homère ou de Bossuet?

11 ne s'agit pas de chercher dans le Poème de la Nature une règle et une foi. Trop de personnes estiment qu’un livre n’est bon que s'il présente une doctrine toute faite qu’on peut revêtir comme un , habit. On ne trouve pas chez Lucrèce la vérité, mais des vérités, avec beaucoup d'erreurs qu’il est utile de connaître et de démêler. Le grand profit { d'une étude plillosopbique, c’est l’étude même.

Si on ne rencontre pas le trésor espéré, on s’enrichit j en le cherchant. C'est le cas de rappeler la leçon i que le laboureur de La Fontaine donna à Ses enfants.

Dii LA DEUXIÈME ÊDIIION. lii

Ceux-ci en retournant le champ paternel ne tijuvërent pas l’argent cherché, mais pour avoir remué la terre de çà, de là, ils firent une extraordinaire moisson.

On a fait dans cette nouvelle édition quelques changements. La plupart des notes ont été rejetées dans un appendice, quelques-unes ont été supprimées, d’autres ajoutées, d’autres enfin insérées dans le texte, oit on a fait entrer aussi un important morceau, qui y manquait, sur l’origine du langage.

Qu’on me permette de rappelerici qu’une grande partie de ce livre, dont la première édition parut en 1869, avait été déjà publiée en articles plusieurs années auparavant dans diverses revues sous ces titres : de t Inspiration poétique dans Lucrèce, Revue contemporaine, 15 janvier 1858; Pindare et le Génie lyrique, Revue européenne, 15 novembre 1859; le Poêle fMcrèce, Revue des Deux Mondes, l'' mai's 1863.

PRÉFACE

Page 1