Lycurgue
LA CRAINTE DE LA MORT. iCR
Et loi, tu ne veux pas mourir, lu plains ton sort I Te crois-tu donc vivant, n’es-tu pas presque un mort,
Toi qui dors et la nuit et le jour, qui te lèves Pour dormir éveillé toujours en proie aux rêves,
Toi qui portes partout une vague terreur,
Sans pouvoir démêler ce trouble de ton cœur.
Et toujours malheureux, pour ne savoir point vivre De soucis en soucis Hottes comme un homme ivre ?
Si l’homme, connaissant la nature et ses lois,
Voyait quel est son mal, comme il en sent le poids,
S’il avait pénétré la cause véritable
De tout ce lourd chagrin qui l’oppresse et l’accable.
Tu ne le verrais pas errant comme aujourd’hui,
Le cœur toujours chargé de cet amas d’ennui.
Sans savoir ce qu’il veut, de caprice en caprice. Toujours changeant de lieu, promener son supplico. Comme s’il espérait, en secouant son corps.
Secouer son fardeau pour le jeter dehors.
Vois ce riche étouffant dans sa vaste demeure ;
Il s’en échappe, il fuit, mais il revient sur l’heure^
Son m il n’est point calmé ; regarde, le voilà Précipitant son char vers sa belle villa;
Lh I ne dirait-on pas, à voir cette furie,
Qu’il court à sa campagne éteindre un incendie ?
Il touche au seuil... 11 bâille, et sous ces heureux toits. Déjà dans son sommeil il fond de tout son poids ;
Il cherche à s’oublier, il ne peut, et notre homme S’est déjà relancé sur le chemin de Rome.
Ainsi chacun se fuit et voudrait s’éviter.
On se déteste alors, ne pouvant se quitter ;
C’est que de sa souffrance on ignore la cause,
Âh ! si tu la voyais, laissant là toute chose.
Tu voudrais tout d’abord, pour calmer ton chagrin,
Des lois de la nature interroger la fin ;
Car il ne s’agit pas, homme, de se distraire.
De ne penser qu’au sort de 1* heure passagère.
Mais de bien méditer sur le temps éternel
Qui doit après la mort recueillir tout mortel ^ (îll,10i3.)
Voilà la véritable conclusion non-seulement du