‹ Le poëme de LucrèceChapitre 59 sur 93 · SIS · texte numérisé non relu

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CHAPITHE VII.

qués par la rade inexpérience du vieux poète. Nous voudrions que ces vers didactiques fussent plus harmonieux et plus polis, sans penser que c’était beaucoup déjà de les avoir rendus clairs et précis. La langue de la science était à créer. Ce fut la tâche du poêle, d’autant plus difficile qu’il avait à lutter encore contre les obstacles de la versification. Si le plus grand des orateurs romains a pu justement se vanter d’avoir trouvé des mots latins et des expressions nouvelles pour les idées de la philosophie grecque et d’avoir enrichi la langue nationale, Lucrèce doit partager avec lui cet honneur.

On peat se demander comment Lucrèce, si fidèle sectateur d’Épicure, eut la pensée de composer un poème, quand son maître faisait profession de mépriser la poésie et allait jusqu’à dire « qu’il fallait contraindre les jeunes gens à passer devant, à la fuir, en leur bouchant les oreilles avec de la cire, comme fit Ulysse à scs compagnons*. » Épicure repoussait les poètes parce qu’ils étaient les auteurs de la Fable, les hérauts enchanteurs de la superstition. Mais Lucrèce pensait sans doute que la poésie est légitime quand on la met au service de l’épicurisme et qu’il est permis, selon son propre langage, d’enduire de miel le bord du vase qui contient la vérité :

Musæo contingens cnneta lepore.

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