I. Oe Fin
il faut reconnaître pourtant que dans l’antiquité il n’y eut pas d’école purement philosophique qui, par la fixité de ses principes et la simplicité de ses démonstrations, fût plus capable d’attirer des esprits avides de foi et de repos. 11 semble qu’Épicure ait eu le dessein prémédité de fonder une sorte de religion, si on peut donner ce nom à une doctrine sans Dieu, ou du moins sans culte. Ce n’est pas une simple école , c’est une église profane avec des dogmes indiscutables, avec un enseignement qui ne change jamais, et entourée d’institutions qui assurent la docilité des adeptes et protègent la doctrine contre les innovations. D’abord Épicure se présentait au monde comme un révélateur de la science véritable, considérant comme non avenus tous les systèmes qui avaient précédé le sien. Parmi tous les fondateurs de doctrines, seul il osa se donner le surnom de Pour rendre, nous l’avons vu, son école
accessible à tous, il ne demandait pas à ses futurs disciples d’études préparatoires , ni lettres , ni sciences, ni dialectique. 11 se serait bien gardé d’écrire sur la porte de son école, comme avait fait Platon : « Nul n’entre ici, s’il ne sait la géométrie. » Pour devenir épicurien, il suffisait d’admettre un certain nombre de dogmes faciles à retenir et de savoir par cœur les manuels du maître. De plus, afin que cet enseignement fût immuable , Épicure eut la précaution de le placer sous la garde d’une