Un prince doit être savant
2. Sed tonitrum fit uti post auribus accipiamus, Fulgere quam cernant oculi, quia semper ad aurr-^ Tardius adveniunt quam visum quœ moveant res..» Et licet hinc etiam cognoscere : cœdere si quem Ancipiti videas ferro procul arboris auctum,
Ante fit ut cernas ictum quam plaga per aures Det sonitum : sic fulgorem quoque cernimus ante Quam tonitrum accipimus, pariter qui mittitur igni E simili causa, concursu natus eodem. (VI, 10 i.)
sur la vitesse dû son inférieure à cçlle de la lumière, ’ il y a dans ces vers une preuve nouvelle de ce courage d’esprit peu commun dans l’antiquité, qui consiste à expliquer par des causes purement physiques des phénomènes qui étaient l’objet de l’universelle terreur.
Si, passant à un ordre de considérations différent, nous voulions constater les connaissances de Lucrèce en physiologie, nous pourrions citer des vers remarquables qui montrent, que le poète n’était pas étranger à cette science. Nos physiologistes avouent ce qu’il dit de la nutrition, de la facile assimilation des substances réparatrices dans la jeunesse, « où le corps acquiert plus qu'il ne dissipe,
Plura sibi adsumunt quam de sé corpora mittunt,
ce qu’il dit de la vieillesse où les pertes sont plus grandes que les acquisitions et où l’affaissement de la machine tourmentée, fatiguée par les objets du dehors ne peut plus résister à leurs chocs destructeurs*. » De même, il sait comment dans les plantes « les sucs circulent dans des canaux invisibles’ ; » avec une rare finesse de langage il explique la sensation du goût qu’il rend en quelque sorte visible lorsqu’il nous apprend que la trituration exprime « comme l’eau d’une éponge ie suc des aliments qui
1. Liv. IX, 1122. Voy. \e» Études médicales sur les pattes latins, par le docteur Menière.