‹ Le poëme de LucrèceChapitre 74 sur 93 · Des Oracles · texte numérisé non relu

Des Oracles

pédocle devait d’ailleurs saisir les âmes par un certain mysticisme qui se trouve mélé à ses explications physiques de la nature. II ne s’adresse pas seulement à la raison, comme Lucrèce. Sa philosophie, qui n’a pas rompu avec les fables et les mythes de l’antique religion, se compose souvent d’allégories. On sait aussi qu’il admettait la métempsycose et qu’à ses yeux l’homme est un être déchu qui expie dans ce monde une faute qu’il a commise avant de descendre sur la terre : « Triste race de mortels... De quelle dignité, de quel bonheur je suis tombé parmi les hommesl »

L’homme est un dieu tombé qui se souvient des deux*.

On se demande comment ce poète mystique, qu’on peut appeler, avec Aristote, un naturaliste théologien, comment ce pieux révélateur des mystères divins a pu servir de modèle à un poète contempteur de la Divinité. C’est que le poème d’Empddocle exposnit une physique qui, sans être semblable à celle d’Épicure, fournissait pourtant à un épicurien des vues, des images, des expressions poétiques qui pouvaient s’adapter à un système dilTérent. II nous faut dire quelques mots de cette physique, parce qu’on a coutume de parler des imitations de Lucrèce, sans rien préciser.

Empédocle, comme on sait, avait établi les quatre éléments, en faisant faire un grand pas à la science

Page 1