Lettres
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siblement et avec douceur, comino une olive mûro qui, en tombant, bénit la terre qui l'a portée et rend grâce à rarbre qui Ta produite*. )> Ainsi parlent Kpictète et ses pareils avec le plus complet abandon. C'est qu'ils obéissent à une loi inlelli^^ente, à une prescription divine dont ils admirent la sagesse. Bien que sans espoir, ils s'abandonnent à une providence qu'ils adorent. A la raison bumaine affamée de vérité et de justice, ils jettent en proie, faute de consolation, Hiypothèse d'un grand dessein raisonnable et juste. Dnns l'épicurisme rien de semblable. Le hasard vous a fait naître, le basard vous fait mourir. Comme dans ce système il n'existe pas de cause ordonnatrice, l'homme ne peut offrir son sacrifice à une loi, à nu être suprême, et tout ce qu'il lui est donné de faire, c'est de céder avec u!i morne courage à une nécesjBité aveugle et inévitable, pour ne pas donner au (rnonde le spectacle d'un indécent désespoir.
Ici nous rencontrons pourtant un morceau d'une poésie et d'une raison admirables, ou apparaît tout à coup une sorte de puissance suprtMne qui adresse la parole aux hommes pour leur reprocher la peur de la mort; c'est la nature qui, dans le système épicurien, tient quelquefois la place de la Divinité absente \ Du reste on peut remarquer que, dans nos