‹ Le poëme de Lucrèce [microform]; morale, religion, scienceChapitre 64 sur 73 · Géoroiques, II · texte numérisé non relu

Géoroiques, II

parnît avoir été peu curieux de science, bien qu'il fût épicurien et se reconnût en plus d'un endroit disciple de Lucrèce, un de ses amis, Iccius, élève sa pensée à ces hautes spéculations et recherche « les causes qui retiennent la mer dans ses limites, quelles influences règlent les saisons, si les astres errent dans l'espace, animés de leur propre mouvement ou conduits par une volonté toute -puissante. ))

Quae mare compescant causœ; quid temperet annum ; Stellœ sponte sua, jussaene vagentur et errent *...

Ovide, dans les Métamorphoses, fait traiter par Pythagore les prohlèmes épicuriens sur les astres, les nuages, la foudre : « Est-ce Jupiter, est-ce le vent qui produit le tonnerre? »

Jupiter, an venti, discussa nube tonarent*...

Ovide touche souvent à ces questions cosmogoniques; il envie ceux qui connaissent les grands phénomènes de la nature. N'est-ce pas à Lucrèce (^u'il fait allusion, lorsque dans les Fastes il s'écrie : « Heureux les génies qui les premiers connurent xtîes mystères et montèrent jusqu'à ces régions célestes! »

Feiices animos, quibus hacc cognoscere primis, ïnque domos superas scandera cura fuit I*

Le voluptueux Properce, qui était bien loin d'être un sage, mais qui se flattait de le devenir avec les années, réserve à sa vieillesse le noble plaisir d'étudier les lois de la nature. Il indique d'avance, d'après Lucrèce, les questions qu'il aimerait à résoudre sur le ciel, sur les saisons, sur la mort, sur les enfers ;

Tum mihi naturae libeat perdiscere mores...

Tisiplionos atro si furit angue Ciiput... An ficta in miseras descendit fabula gentes

Et timor haud ultra quam rogus esse polcst*.

Il n'est pas jusqu'au faible Tihulle, tout entière ses amours, qui ne soit plus ou moins tenté par la science. Deux fois il déclare qu'il ne chantera pas ces merveilles de l'univers, qui sans doute sollicitaient sa curiosité, mais qui efl'rayaient son débile courage. Même sa Délie ne le possède pas au point qu'il n'ait une pensée pour ces problèmes :

Aller dicatopus magni mirabile mundi-...

Peu à peu dans la poésie latine cette universelle célébration de la physique dégénère en lieu commun. Sénèque le tragique, dans sa pièce d'Octavie, chante indiscrètement sur la scène ces difficiles études, mais il les chante, si l'on peut dire, sur le mode stoïcien ^ Stace à son tour trace le même pro-

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