Lettres
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elles-mêmes, elles n'étaient que l'ornement de la vie et la condition de la séciiritc'. Épiciircenseip^nait que le plus silr moyen de rendre la vie tranquille est de se conformer aux lois de riionnêteté, qu'une bonne conscience assure la tranquillité de l'Ame, que la justice et la bienfaisance, en vous procurant des amis, contribuent à la félicité. Ainsi la volupté avait pour compagnes et pour cortège toutes les vertus et, selon l'ingénieux laI)Ioau du stoïcien Cléanlhe, la volupté, velue en reine, était assise sur un trône, Idudis que les vertus s'empressaient autour d'elle pour la servir *.
11 manquait à cette tranquillité précieuse, unique objet de la doctrine, d'être protégée contre les craintes superstitieuses qui, chez les anciens, circonvenaient de toutes parts tt harcelaient nuit et jour la crédulité. Des superstitions nouvelles, introduites en Grèce depuis le règne de Philippe et d'Alexandre, et qui surchargeaient la religion, donnaient au système plus d'opportunité. Épicure imagina ou plutôt emprunta une physique à Démocrite, par laquelle il essayait de prouver que Tunivers n'obéit qu'à ses propres lois et ne doit rien à la main des dieux. Sans nier leur existence, il les rendit inutiles. Sous prétexte de les mieux honorer, il se plut ù redire qu'à leur divine nature on ne devait attribuer ni le travail , ni la colère , ni l'amour. Il leur donna en quelque sorte le bou-