‹ Le poëme de Lucrèce [microform]; morale, religion, scienceChapitre 8 sur 73 · Cicôron, de Fiuibus, U, i · texte numérisé non relu

Cicôron, de Fiuibus, U, i

ÉPICURE. 5

l'enjouement de sesépigrammes et témoignait de sa foi par son courage sans trouble et son honnêteté placide.

Est-il besoin de rappeler que la volupté n'est pas pour Épicure ce qu'on entend d'ordinaire par ce mot suspect? La santé du corps et de l'ùme, c'està-dire rexenq)tion de la soufi'rance et de l'inquiétude, voilà la félicité du sage. De là tant de recommandations sur la continence, de là le mépris de la cupidité et de l'ambition. Le système, loin de donner l'essor aux passions, les arrête de toutes parts. La perfection consiste à se contenter de peu, à se retirer en soi-même pour être hors de prise du côté de la fortune et des hommes, pour ne pas rencontrer un accident fi\cheux, ni se heurter aux passions d'aulrui. Le plus près du bonheur est celui qui sait se retrancher le plus sans soufl'rir et circonscrire le pluï^ étroitement son action et ses besoins. Le pré-

>( cepte du Portique abslinc et sustlue convient également à la doctrine épicurienne, et c'est en faisant allusion à ce courage de Tabslinence, courage négatif, il est vrai, mais respectable encore, que Sénè(iue a pu appeler Épicure « un héros déguisé en femme *. »

Ce qui donnait encore une belle apparence au système, c'est que toutes les vertus y étaient recom-

Xniandêes aussi bien que dans les doctrines les plus sévères. Seulement, au lieu d'être recherchées pour

Page 1