‹ Le poeme de Lucrèce morale, religion, science (volume 2)Chapitre 100 sur 111 · Liv. XV · texte numérisé non relu

Liv. XV

ces mystères et montèrent jusqu’à ces régions célestes! »

Felices animos, quibus hæc cognoscere primis,

Inque domos superas scandere cura fuit 1 1

Le voluptueux Properce, qui était bien loin d’être un sage, mais qui se flattait de le devenir avec les années, réserve à sa vieillesse le noble plaisir d’étudier les lois de la nature. Il indique d’avance, d’après Lucrèce, les questions qu’il aimerait à résoudre sur le ciel, sur les saisons, sur la mort, sur les enfers :

Tum mihi naturæ libeat perdiscerc mores. . . .

Tisiphones atro si furit angue caput. . . .

An ficta in miseras descendit fabula gentes Et timor haud ullra quam rogus esse polest 2 .

Il n’est pas jusqu’au faible Tibulle, tout entier à ses amours , qui ne soit plus ou moins tenté par la science. Deux fois il déclare qu’il ne chantera pas ces merveilles de l’univers, qui sans doute sollicitaient sa curiosité, mais qui effrayaient son débile courage. Même sa Délie ne le possède pas au point qu’il n’ait une pensée pour ces problèmes:

Alter dicat opus magni mirabile mundi*. . . .

1. Liv. I, 297. — De tous les poètes latins, c’est Ovide qui a le plus ouvertement vanté le Poème de la Nature :

Oarmina subli » is tune sunt peritura Lucreti,

Exitio terras quum dabit una dies. (Amor., I, 15, 23.)

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