Liv. 111, 70. — 2. Catilina, ch. x elpassim
breux emprunts, rend hommage à cette poésie vivante et vraie 1 2 . Les mœurs du temps sont toujours présentes à l’esprit de Lucrèce, même lorsqu’il se 'reporte aux premiers âges du monde. Dans un morceau célèbre, pendant qu’il décrit la vie primitive des hommes exposés à la fureur des bêtes féroces, ne sachant ni se défendre ni guérir leurs blessures, mourant de faim et de misère, il ramène tout à coup sa pensée sur son siècle et laisse échapper ce» réflexions : c’était alors le manque de nourriture qui livrait à la mort leur corps affaibli, c’est la trop grande abondance qui nous étouffe aujourd’hui;
Alors les malheureux de leurs mains ignorantes Recueillant quelquefois le suc mortel des plantes Eux-mêmes se versaient la mort, mais aujourd’hui On sait artistement empoisonner autrui a .
Les sentences morales de Lucrèce offrent souvent des portraits, des types retracés à grandes lignes où il n’est point difficile de reconnaître une physionomie romaine. N’est-ce pas un Romain, ce général arrivé à la toute-puissance qui passe en revue ses légions et ses flottes, qui promène. si fièrement les yeux sur cet appareil guerrier dont il
1 . M. Patin a bien marqué cette influence de Lucrèce sur Horace. (Leçon d’ouvert., 1858.)