‹ Le poeme de Lucrèce morale, religion, science (volume 2)Chapitre 65 sur 111 · Le Misanthrope , acte II, sc. vi · texte numérisé non relu

Le Misanthrope , acte II, sc. vi

de croire que cette line satire a été empruntée à Ménandre ou à quelque poète comique grec aujourd’hui perdu. Une si délicate observation morale, le tour aisé et la vivacité des traits rappellent le langage de la Comédie nouvelle. Les mots grecs qui émaillent le texte latin :

Nigra geXlxpooç est : Immunda et Fœtida ixoaixoç....

peuvent être regardés comme des vestiges ou des débris de quelque poëme attique. Quoiqu’il en soit, que le morceau soit original ou imité, l’emploi de ces mots grecs est ici fort piquant et naturel. A Rome, le langage de la galanterie était grec. De la Grèce étaient venus non-seulement les modes nouvelles, les objets de toilette et tous les raffinements du luxe mondain, mais encore ce qu’on pourrait appeler le luxe de l’esprit et du cœur, les gentillesses de la langue amoureuse 1 . Le vieil idiome latin ne se serait pas prêté à ces délicatesses, et les Romains livrés à eux-mêmes ne se seraient peut-être jamais avisés de recourir aux élégants euphémismes de la tendresse ou aux aimables recherches du sentiment. On comprend maintenant quelle est dans l’emploi de ces mots grecs l’intention satirique de Lucrèce. C’est une manière de se moquer des petitsmaîtres de Rome, dont le langage est doublement

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