Liv. V
2. Il nous est d'autant plus permis de faire ce rapprochement qu’Êpicure appelait salut la perfection morale : « Egregie mihi hoc dixisse videtur Epicurus : initium est salutis notitia peccati. » Sénèque, Lettres , 28. — « Iste homo non est unus se populo, ad salutem spectat. >» 10.
bien inlirme, sur d’autres elle est solide. Elle renferme une théorie physique qui est loin d'étre mé- # prisable et qui suppose chez ses inventeurs une singulière pénétration de génie. Cette théorie marque un grand progrès dans la science. Les premiers philosophes physiciens essayant d’expliquer l’univers et l’origine de la nature avaient fait tout sortir d’un principe unique ; pour Thaïes, c’était l’eau, pour Anaximêne l’air, pour Heraclite le feu. D’autres, comme Xenophane, admettaient deux principes, la terre et l’eau. Empédocle établit les quatre éléments. Ces explications primitives qui, malgré leur apparente naïveté, étaient déjà de grandes vues sur la nature, ont été bien dépassées par les fondateurs de l’atomisme, par Leucippe et par Démocri te. Ces deux grands physiciens, reculant les bornes de la science antique, à l’aide de raisonnements profonds reconnurent que ces prétendus éléments simples sont des corps composés et que ces corps, en remontant jusqu’à leurs premiers principes, sont formés de particules qu’il n’est plus possible de diviser, qui sont insécables, aro^oi. Cette théorie n’est pas abandonnée, et la science moderne repose encore sur cette hypothèse 1 .
Cependant, nos chimistes, tout en rendant hommage à la parfaite clarté de cette théorie moléculaire,