‹ Le poeme de Lucrèce morale, religion, science (volume 2)Chapitre 85 sur 111 · Sed tonitrum lit uti post auribus accipiamus · texte numérisé non relu

Sed tonitrum lit uti post auribus accipiamus

Fulgere quam cernant.oculi , q^iia semper ad aures Tardius advenjunt quam visum quæ moveant res....

Et licet hinc etiam cognoscere : cædere si quem Ancipiti videas ferro procul arboris auctum,

Ante fit ut cernas ictum quam plaga per aures Det sonitum : sic fulgorem quoque cernimus ante Quam tonitrum accipimus, pariter qui mittitur igni E simili causa, conoursu natus eodem. (VI, 164.)

2. Liv. II, 1122-1142. Voy. les Études médicales sur les poètes latins, par le docteur Menière.

même, il sait comment dans les plantes, « les sucs circulent dans des canaux invisibles *; » avec une rare finesse de langage il explique la sensation du goût qu’il rend en quelque sorte visible lorsqu’il nous apprend que la trituration exprime « comme l’eau d’une éponge le suc des aliments qui s’insinue dans les pores du palais et dans les routes compliquées de la langue *. » Il faut lire ces passages auxquels nous ne faisons que toucher, pour savoir ce que les vers peuvent emprunter de force et de prix à une rigoureuse exactitude.

11 ne manque pas non plus au Poëme de la Nature certains pressentiments au sujet de problèmes posés dans la science la plus moderne, et qui n’étaient pour l’antiquité que de vagues traditions ou des aperçus lointains du génie. Sur les premiers essais de la création, sur les animaux que nous appelons antédiluviens, sur les espèces perdues, il y a dans le poëme des mots qui ne sont pas sans valeur. Les espèces qui n’étaient défendues ni par leur force, ni par leur agilité, ni par leur ruse ou qui n’étaient pas assez utiles pour que l’homme les prît sous sa protection, ont dû disparaître. Trop faibles, « réduites

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