Plutarque, Opin. des phil., I, 24 et
3. Quoique nous n’ayons d’Kmpédocle que 450 vers épars, mutilés, un examen attentif y fait découvrir des traces visibles d’imitation. Remuons un peu cette poussière poétique. On y trouve des fragments de passages que Lucrèce a dû traduire pour les réfuter, par exemple, sur
LA SCIENCE DE LUCRÈCE
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Oserai-je hasarder une opinion qui ne repose, il est vrai, que sur de faibles indices ? L’hymne à la Vénus universelle qui donne naissance à tous les êtres, ne serait-il pas un souvenir d’Empédocle? Je ne vais pas jusqu’à dire que ce soit un emprunt. Ce beau morceau porte tous les caractères de l’originalité, il a une couleur fortement romaine, il renferme même des allusions à la religion nationale; mais l’idée de cette invocation pourrait bien avoir été inspirée par le poète grec, qui vivait dans un âge où la religion se mêlait à la philosophie, qui animait la nature par des passions allégoriques et donnait à l’attraction corpusculaire le nom d'amitié et de Vénus 1 . Cette Vénus présidait aux combinaisons de la matière et à la naissance des êtres. Ce n’est point là une idée épicurienne. Rien n’est plus contraire au système que cette personnification religieuse qui
les monstres, liv. V, 876. On y voit qu’il adopte quelquefois des idées bizarres de son devancier sur les premiers essais de la création, sur les êtres incomplets, liv. V, 835. On rencontre çà et là des expressions communes aux deux poètes. Les quatre éléments sont appelés Ttaaapa ^iÇc&uara, les atomes, radices ; — ôp,6poc, l’eau, imber; — ÈÔvta ôyjpüiv, secla ferarum; — oxôto;, les ténèbres de la vie, qualibr^s in lenebris vitæ. — 11 y a des vers entièrement traduits : irupi ô’ aùÉcmTai îiùp. . .. alOépa Ô’ alOf,p. a Ignem ignés procudunt, ætheraque æther. » — Les deux poètes comparent la verdure et les feuilles aux poils et aux plumes des quadrupèdes et des oiseaux ; ils appellent la mer la sueur de la terre. Le religieux Empédocle annonce qu’il va parcourir sa carrière sur le char de la Piété; Lucrèce monte aussi sur un char, mais ce n’est point celui-là : « institui conscendeie currum. » Nous n’insistons pas ici sur ces imitations qui intére sent plus la littérature que la morale et la science.