‹ Le poeme de Lucrèce morale, religion, science (volume 3)Chapitre 28 sur 104 · Comol. ad Marciam · texte numérisé non relu

Comol. ad Marciam

2. Phars. ‘VII , M7. Lucain un peu plus loin adopte la formule épicurienne :

.... mortalia nulli Sunt curata Deo.

pour avoir vu l’élévation d’un ministre ambitieux et cruel, de Rufin, est tenté de se faire épicurien ou athée ; mais voilà que tout à coup le puissant favori de Théodose tombe en disgrâce, et aussitôt l’excellent Claudien revient à la religion en s'écriant : « Les dieux sont absous*. » Ce ne sont pas seulement les Romains qui, dans l'accablement du malheur, mettent en doute la Providence divine ; le peuple de David lui-même, en voyant la-prospérité des méchants, se laissait aller à dire : « Comment est-il possible que Dieu connaisse ce qui se passe*? »

Aussi, durant les guerres civiles, la religion fut négligée. Le peuple romain ne se soucia plus de ses dieux qui paraissaient si peu se soucier de lui. On répondit à leur indifférence par l'incrédulité. Les cérémonies les plus saintes furent souvent oubliées ;

1. Setl quum res hominum tanta caligina volvi Adspicercm, lætos que diu florere nocentos,

Vcxari que pios, rursus labçfacta cadebat Reltigio. ...

Abslulit liunc tandem Rufini pâma tumultum Ahsolvilque deos .. (In Ruf., I, 12.)

C'ait autii à l'opinion épicurienne quo se rauge un moment Claudien disant : « Numina nescia nostri- » I,'cpicurismc était le refuge de ceux qui boudaient les dieux. Ces sentiments se retrouvent mime cbex nos poètes imitateurs des anciens. Malherbe a dit :

Le ciel est résolu de se justifier.

Orestu dans l'Andrumaqui de liacine s’écrie :

Je ne vois que malheurs qui condamnent los dieux.

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