‹ Le poeme de Lucrèce morale, religion, science (volume 3)Chapitre 29 sur 104 · Psaumes, LXXI1, II · texte numérisé non relu

Psaumes, LXXI1, II

on laissa tomber en ruine les temples noircis par la fumée des incendies. « L’araignée, dit Properce, couvrit de ses réseaux les autels, et l’herbe envahit les dieux abandonnés*, » jusqu’au moment où Auguste, plus par politique que par piété, releva lee édifices sacrés, essaya de ranimer le culte et ramena aux antiques croyances les âmes que la paix publique et la prospérité nouvelle de l’empire avaient, pour ainsi dire, réconciliées avec le ciel.

Dans cette espèce de profession de foi qui forme le début du poëme, ce n’est pas assez pour Lucrèce d’avoir montré en quelques traits énergiques que la superstition est contraire à la science et qu’elle remplit l'âme de folles terreurs , il tient encore à prouver qu elle est barbare et qu’elle offense l’humanité. N’est-ce pas la superstition qui autorise et réclame des sacrifices humains? Aussi le poëte se hâte de mettre sous nos yeux le sacrifice d’Iphigénie, non pas pour avoir le plaisir et le mérite de refaire, après tant d’autres, une peinture classique, mais parce que l’exemple d’un père tout puissant, du roi des rois, obligé d’égorger une fille chérie fera mieux comprendre combien la religion peut dénaturer les sentiments. Il ne s’agit pas ici d’une colère poétique et surannée à propos d’une vieille histoire fabuleuse; ces sacrifices subsistaient encore

Page 1