IV
T.A MORALE DK LUCRÈCE. 233
tout ce qui lu menace. Qu'il s’agisse de superstition, d’ambition, d amour, il combat toujours avec le même emportement poétique. Pour employer une de ses images, il est un assiégé qui fuit des sorties’ contre des ennemis qui l’enveloppent, qui peut-être le pressent quelquefois, et il repousse avec une sombre colère les assauts importuns qui troublent la quiétude philosophique dont il voudrait jouir dans les sereines demeures de la sagesse.
A propos d’un poète physicien qui n’a fait que touchera la morale, il serait oiseux d’exposer toute la théorie épicurienne sur les passions dans sa rigueur dogmatique. Nous nous sommes borné, comme Lucrèce lui-même, à ramener les formules philosophiques à la simplicité du langage usuel. S’il est utile d’étudier et d offrir quelquefois une doctrine avec une exactitude scientifique, de montrer avec une minutieuse précision la suite des principes et des conséquences, ce qui a été fait souvent pour l’épicurisme avec une science remarquable, il est bon aussi dans l’occasion de dépouiller le système de son appareil savant, d’en briser les formules, d’en dégager l’inspiration et le sentiment, de le réduire enfin à un petit nombre de maximes populaires visiblement applicables à la conduite de la vie.