Consol. ad Marciam
2. Phars., VII, 447. Lucain un pou plus loin adopte la formule
épicurienne :
. . . mortalia nulli Sunt curata Deo.
revient à la religion en s'écriant: « Les dieux sont absous. » Ce ne sont pas seulement les Romains qui, dans l'accablement du malheur, mettent en doute la Providence divine; le peuple de David luimême, en voyant la prospérité des méchants, se laissait aller à dire : « Comment est-il possible que Dieu connaisse ce qui se passe *? »
Aussi, durant les guerres civiles, la religion fut négligée. Le peuple romain ne se soucia plus de ses dieux qui paraissaient si peu se soucier de lui. On répondit à leur indifférence par l'incrédulité. Les cérémonies les plus saintes furent souvent oubliées; on laissa tomber en ruine les temples noircis par la fumée des incendies. « L'araignée, dit Properce, couvrit de ses réseaux les autels, et l'herbe envahit les dieux abandonnés2, » jusqu'au moment où Auguste, plus par politique que par piété, releva les édifices sacrés, essaya de ranimer le culte et ramena aux antiques croyances les âmes que la paix publique et la prospérité nouvelle de l'empire avaient, pour ainsi dire, réconciliées avec le ciel.
Dans cette espèce de profession de foi qui forme le début du poëme, ce n'est pas assez pour Lucrèce d'avoir montré en quelques traits énergiques que la superstition est contraire à la science et qu'elle remplit l'âme de folles terreurs, il tient encore à prouver qu'elle est barbare et qu'elle offense l'hu-