LA CRAINTE DE LA MORT ET DE LA VIE FUTURE
Dans le Poëme de la Nature, qui a pour but d'assurer la tranquillité de l'âme, il importait surtout à Lucrèce de combattre la crainte de la mort1, qui répand sur la vie humaine un voile lugubre et ne laisse jouir d'aucune volupté pure,
Omnia suffundens mortis nigrore, neque ullam
Esse voluptatem liquidam puramque relinquit. (III, 39.)
Le troisième livre, uniquement consacré à ce grave sujet, passe pour le chef-d'œuvre de Lucrèce et non sans raison, car si dans les autres parties du poëme on rencontre d'aussi beaux tableaux et non moins d'éloquence, on trouve ici une suite de démonstrations qui s'enchaînent et composent une visible unité. C'est le xvme siècle surtout qui