‹ Le poëme de Lucrèce: morale - religion - scienceChapitre 59 sur 88 · Aristote, des Parties des animaux, I · texte numérisé non relu

Aristote, des Parties des animaux, I

l'ordre universel de la nature, ne laisse pas de dire a que l'homme est le plus intelligent des animaux parce qu'il s'est trouvé avoir des mains. » On voit que Lamettrie, l'auteur de Y homme machine, n'était qu'un plagiaire. Toutes les doctrines antérieures à Platon expliquaient ainsi l'origine des êtres. Aristote est le premier qui ait établi les causes finales avec une précision scientifique1. Épicure et Lucrèce s'en étaient tenus aux plus vieilles théories, qui pouvaient d'ailleurs servir leur dessein. La négation des causes finales n'est donc pas, comme on se l'imagine souvent, une nouveauté hardie; elle fut le premier bégaiement de la philosophie dans l'enfance.

Nous ne toucherons pas non plus à d'autres -théories visiblement erronées et même assez puériles sur l'origine de l'homme et des animaux. Gomment l'homme a-t-il fait son apparition dans ce monde, d'où est-il sorti? Est-ce de la terre, de l'eau, du feu, du limon façonné par Prométhée ou des mains de Deucalion? Ici la science n'est pas plus savante que la Fable, et les explications physiques données par les diverses écoles anciennes sont presque toutes d'une naïveté qu'on ne discute pas. En de pareils problèmes il est permis à la philosophie d'errer2.

Nous négligeons aussi, avec bien d'autres hypothèses, celle des simulacres par laquelle Lucrèce

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