‹ Le poëme de Lucrèce: morale - religion - scienceChapitre 72 sur 88 · Cicéron, De nat. Deor., II · texte numérisé non relu

Cicéron, De nat. Deor., II

ingénument leur impuissance. Ils vont prendre leur élan pour pénétrer dans les mystères de la nature, mais ils se sentent retenus par leur faiblesse et se renferment dans une modestie nécessaire. Faute de pouvoir imiter Lucrèce, ils s'inclinent devant lui:

Leur génie étonné tremble devant le sien.

Recueillons d'abord les naïfs aveux d'un jeune poëte inconnu, qui est peut-être Cornélius Gallus, le contemporain et l'ami de Virgile, l'auteur présumé d'un petit poëme intitulé Ciris. Il n'a point encore trouvé sa voie ni en philosophie, ni en poésie, et fait part de ses hésitations à son protecteur Messala. Il étudie dans Athènes où il respire, dit-il, les doux parfums des jardins d'Épicure. Sa muse a déjà osé lever les yeux vers les astres et suivre sur des hauteurs peu fréquentées le sentier de la science. Il voudrait, comme Lucrèce, qu'il ne nomme pas, mais qu'il désigne, contempler de haut sur la terre les égarements des hommes et mêler le nom de son protecteur aux grands spectacles de la nature; mais sa jeunesse ne fait que de naître à de si hautes spéculations et ses forces le trahissent,

Altius ad magni suspexit sidéra mundi, Et licitum paucis ausa est adscendere collem... Unde hominum errores longe lateque per orbem Despicerc atque humiles possem contemnere curas... Sed quoniam ad lantas nunc primum nascimur artes, Nunc primum teneros firmamus robore nervos1...

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