‹ Le poème des champsChapitre 112 sur 181 · SIAU GUES- SAINT-ROM AIN · texte numérisé non relu

SIAU GUES- SAINT-ROM AIN

{Chronique du Xl"^ siècle.)

Voyageur qui, passant par un âpre chemin,

Au pied du vieux manoir de Siaugues-Saint-llomain,

Jetez sur ces débris dus à des races fortes,

Le regard attristé qu'on garde aux choses mortes,

Vous aurez comme moi, non sans saisissement,

Contemplé la grandeur du sombre monument.

Là, pas môme un écho; Tumbrc est sinistre et calme; Le sapin, sans gémir, étend sa large palme; Et le silence altier s'émeut à peine au bruit D'une pierre de plus qui tombe dans la nuit.

Voici le vieux beffroi. Ce roi de la colline,

Seul, porte haut encor l'orgueil de sa ruine.

Ses créneaux sont tombés cependant, et le jour

Perce de part en part les parois de sa tour.

Point de portes en bas. Entrons! Dans les décombres

Marchons! dut s'éveiller tout un morue essaim d'ombres.

0 terreurs du passé! voici le noir caveau

Où l'homme sur la pierre a broyé son cerveau!

L'air manque, le jour fuit, les voûtes sont muettes :

C'est la fosse des morts, ce sont les oubliettes !

Sur le mur éraillé, quelle main, ô mon Dieu!

Grava ces mots fatals : « 11 faut mourir Adieu!

« La haine sur nos fronts a scellé les murailles ; « La faim, hideux vautour, a rongé nos entrailles! »

Du sablier des temps, les siècles révolus Sont tombés dans la mer qui n'a pas de rellux,

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