LIVRE SEPTIÈME
Leurs succès, leurs revers, leurs essais hasardeux,
Leur utile savoii', l'art qu'ils servent tous deux,
Le site sans renom où s'abrite leur vie,
Et le sort accepté sans lutte et sans envie;
Oui, voilà pour l'enfant qui doit mourir aux champs,
Tout le thème à traduire en des récits touchants.
Pour un autre âge encore et pour d'autres lectures,
Un choix fait avec soin dans les littératures.
De tout ce qui sent mieux et sut mieux exprimer
Le calme des hameaux en le faisant aimer ;
Tout un système, et grâce à de maîtresses plumes,
Tout un monde rural en vingt petits volumes :
Voilà qui peut donner aux civilisateurs,
Pour chaque hiver nouveau, cinq cent mille auditeurs.
Et comprend-on assez quelles forces morales Prendrait ainsi le Vrai, dans les masses rurales, Et comme il serait beau d'attacher à leur sort Ces robustes amis qu'attend le rude cITort!
Ces enfants, pour demain c'est la grande espérance; C'est la France, ai-je dit, la véritable France! Donc, qui met dans leur sein un levain généreux, Travaille au bien du monde en travaillant pour eux. Et comment dédaigner, dès lors, la tâche auguste, De féconder ce sol par le Bon, par le Juste! Qui ne serait heureux, heureux et fier, un jour, De penser : j'eus ma part dans cette œuvre d'amour; Pour ce champ immortel, pour ce sillon immense. Mon âme aura laissé quelque pure semence; Un atome du moi qui pense restera Dans le guéret vivant et s'y multipliera! Car c'est le privilège éclatant de l'idée Que dans le sein d'un peuple une fois fécondée, Elle ne peut mourir; et dans l'humanité Vivante, elle a conquis l'humaine éternité.
Ainsi, faire germer dans de jeunes pensées, De saines vérités, des doctrines sensées ;