‹ Le poème des champsChapitre 3 sur 181 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

« Tel est le mérite principal du poème de M. C. de La Fayette : observation et vérité, jointes à ce qui est presque inséparable, l'amour de son sujet... »

il ajoutait :

« Au moment même où je loue le poète et où je le goûte, suis-jc bien en position de lui donner un conseil un peu vif^ celui de remettre son poème sur le métier pour le perfectionner...? Quelques années consacrées à cette nouvelle et véritable édition seraient bien employées : Vouvrage le mérite; ce n'est pas simplement un livre, c'est toute une existence. »

Ce conseil ne pouvait me laisser indifférent. Des maitres éminents assuraient que mon livre vivrait, à la condition que je le voulusse sérieusement. Pouvais-je ne pas le vouloir?

Je me devais donc à moi-môme, je devais au public qui m'avait été bienveillant, de réaliser à cet égard tout le possible. C'est ce que j'ai tenté.

Déjà dans l'édition précédente, mettant à profit des indications précieuses, j'avais cherclié à améliorer bon nombre de mes vers, à en corriger, à en atténuer tout au moins les plus visibles imperfections.

Depuis, malgré de bien autres sollicitudes, malgré

DE LA JllOlSIEME EDITION IX

des devoirs impérieux et parfois redoutables , j'ai voulu, j'ai pu donner la révision délinitive et dernière à l'œuvre tout entière. Je l'otïre donc au lecteur, telle qu'elle restera probablement désormais, c'est-à-dire la plus acceptable et la moins défectueuse qu'il fût en moi de la faire.

Que si l'on devait s'étonner d'une telle entreprise en un pareil moment, s'étonner qu'un travail de cette nature ait pu mériter à mes yeux quelques soins et quelques efforts, en un temps où je me dois, ce semble, tout entier aux grands devoirs dont je parlais tout à riieure, je réponds d'avance que le sujet et le but de ce poème, que l'intention, les aspirations sociales et religieuses, l'ensemble d'idées en un mot, dont je me suis fait depuis longtemps l'apôtre dévoué, a peut-être autant que jamais droit ù garder sa place dans les préoccupations les plus bautes, les plus légitimes, les plus actuelles surtout d'un législateur clairvoyant.

Mes convictions à cet égard ne sont pas nouvelles ; elles restent toujours les mêmes, toujours absolues, à ce point que, dans la représentation nationale, je n'aurai guère aspiré à un rôle autre que celui-ci : être le promoteur assidu, le défenseur énergique de la prééminence des intérêts ruraux.

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