‹ Le poème des champsChapitre 4 sur 181 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

C'est ainsi que la grandeur morale et la grandeur sociale de l'agriculture, unique inspiration du Poème des champs, ont à peu près exclusivement motivé ma modeste intervention dans les débats parlementaires et si, dans de rares apparitions à la tribune, j'y ai porté quelque chaleur, quelque passion, une véhémence même dont on a pu sourire ', ce fut surtout pour glorifier cette toujours grande cause, pour revendiquer les droits de l'agriculture et provoquer en sa faveur de fécondes et indispensables largesses.

Je ne pouvais , dès lors , même au milieu des soucis, je dirais presque des angoisses, que le sentiment des plus graves responsabilités inflige de nos jours à tout homme public, je ne pouvais oublier les prédilections de toute ma vie : je ne pouvais, même momentanément, laisser au second plan de mes sol-

\. Un journaliste de trop d'esprit écrivait, après avoir entendu mes doléances bien infructueuses, hélas! sur rinsuffisance du budget de l'agriculture :

C'e^t une véritable tempête ifue cet agriculteur! Qui eût jamais cru qu'on pût s échauffer à re point sur une question de bœufs et de fumier?

Eh, monsieur! l'ignoreriez-vous par hasard? la question des bœufs, c'est la question de la viande, de la viande, qui va manquer. La question du fumier c'est celle du pain, du pain, qui peut, qui va un jour ou l'autre devenir trop cher; et le renchérissement du pain dans les temps difficiles que nous traversons, savez-vous ce inie c'est?

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