LIVRE TROISIÈME
Huo le bon Dieu nuus prête à présent la sauté,
El vous verrez uiuu champ quaud viendra l'autre été !... »
XXUI
0 vivantes leçons! voudra-t-on vous comprendre?
Tant d'espoirs à donner, de services à rendre,
De bienfaits, de conseils, en passant, à semer,
Et tant de braves cœurs par qui se faire aimer 1
Aurons-nous assez dit et redit toute chose
Au. déserteur des champs, traître à sa propre cause?...
Ah! l'idée est féconde et je la servirai
D'un cœur qui veut le juste et qui bat pour le vrai ;
Mais la parole est faible, et, souvent attardée.
Elle échoue, impuissante, à traduire l'idée.
Moi, du moins, chaque jour me le fit mieux savoir,
Quand j'usai ma pensée à chercher le devoir :
C'est à ces cœurs vaillants, dans l'œuvre la plus rude,
Qu'il faut garder, toujours, toute sollicitude ;
C'est leurs destins qu'il faut rendre toujours meilleurs;
Car ils sont le vrai peuple, et \e» vrais travailleurs;
100 LE POÈME DES CHAMl'S
C'est par eux, c'est chez eux, dans leur petit domaine, Que Dieu, pour laveuir, garde la sève humaine; C'est le jioint de départ, c'est le lieu du retour, Et c'est là que survit le vrai foyer d'amour.
Parfois on voit le soir deux colombes fidèles, Vers un but ignoré voler à tire-d'ailes; Avec la proie au bec, petit mais cher trésor, Elles vont l'une à l'autre appuyant leur essor ; Quelque secret instinct a doublé leur courage ; Elles bravent le Ilot et le vent et l'orage, L'autour et l'oiseleur ne les font plus trembler; C'est qu'elles sont ensemble; et qu'il est doux d'aller Ensemble toutes deux, au doux nid où repose Une tiède couvée au vent d'amour éclose.
Après le dur labeur, remplis d'un même espoir, D'autres couples aussi courent, quand vient le soir. Avides de trouver, sous un brin de charmille,