‹ Le poème des champsChapitre 63 sur 181 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

ARGUMENT

Les profonds labours à la irrande charrue. — Défricliements el défonccinents: — Déblais et débris. — Vestiges des vieux Romains: — Ce qu'annonça Virgile. — L'.\mphori. .\mioi i". : épisode. — Les défoncements gratuits. — L'hiver : cllels de givre et de neige. — Le défonceur : intérieur de famille. — Le domaine transformé. — Les joies dn propriétaire devant l'œuvre accomplie. — Nuit d'été. — Sunt lacrym^e rerum. — Pensée des morts. — Le cimetière du village. — Prière pour tons.

Il est d'heureu.K pays dont le sol admirable Partout offre à souhait la profondeur arable. La bêche au bras de chêne y plonge avidement l'.l la fîrande charrue ouvre, au pui-ret fumant,

IO(i LE POÈME DES CHAMl'S

Tout un large fossé que le coutre aigu tranche

En faisant au rebord une coupure franche.

Oh ! c'est merveille alors, et c'est plaisir de voir

La glèbe se mouler sous un large versoir.

Et le soc, dans la terre à point meuble et trempée,

(Glisser droit et luisant comme une forte épée.

Voyez! le champ est beau, vaste, rectangle, uni;

F^a herse, aux dents de fer, l'a bien vite aplani ;

La ravale a partout nivelé la surface ;

Et toute aspérité sous le rouleau s'efface.

Voici quatre grands bœufs par le premier bouvier

Conduits ; à cette épreuve on voulut convier

Les plus fins connaisseurs au fait de labourage;

Et le maître lui-môme est présent à l'ouvrage.

C'est qu'il s'agit ici d'essayer, mais à fond,

La nouvelle charrue et le lajjour profond :

Et tous les routiniers, race très prompte à braire,

Gardant leur préférence à quelque antique araire,

Ou tout haut ou tout bas, se réjouiraient fort

Si l'instrument nouveau paraissait dans son tort.

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