‹ Le poème des champsChapitre 64 sur 181 · LIVRE QUATRIKME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIKME

Mais le hou laboureur à la mâle carrure,

Se tient sur de son fait. Il a réglé l'entrure,

Mis la charrue en ligne aux marques du sillon,

Serré la vis du contre et saisi l'aiguillon.

Son rude appel émeut le robuste attelage ;

Le soc plonge et s'aiguise en son large sillage ;

La terre en lourds morceaux bondit comme un flot noir,

Et son débris écume aux lèvres du versoir.

Le bouvier, sans quitter le manche qu'il manœuvre,

Se détourne parfois et sourit à son œuvre !

Car l'instrument nouveau vient d'ouvrir, sans broncher,

Une fosse où pourrait un homme se coucher.

Les plus récalcitrants conviennent de la chose,

Et la grande charrue a déjà gain de cause;

Et, tandis que chacun applaudit au vainqueur,

Lui, le joyeux bouvier, se hâte de tout cœur,

Cherche des yeux au bout du champ son point de mire,

Et s'admire à lui seul tout autant qu'on l'admire.

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(II! |),iil, il coiitiiiue; et salenle chanson Promet aux bons labours la plusbello moisson, Vante à l'aveugle écho les beaux yeux de sa Jeanne, Ou redit : « Qui ne sait labourer est un âne! »

Ainsi les sols profonds sans obstacles puissants, Aux instruments nouveaux s'offrent obéissants; Le bon vouloir du maitre à lui seul les transforme ; Là, nul effort coûteux, pas de travail énorme: Un bon assolement, beaux labours, force engrais. Et la tâche est facile et prompt est le progrès !... 0 Touraine, ô Limagne, heureuses donc vos plaines!

Ailleurs moindres bienfaits commandent plus de peines Ailleurs, dans la montagne âpre et rude, les blocs De lave ou de granit, les gros quartiers de rocs, Et les cailloux sans nombre et la ronce inutile Hérisseront un champ trop longtemps infertile; Le pic el le levier, lourds nux d(d)iles mains.

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