Livre sa liberté, plus heureux et plus fier
De sa honte aujourd'hui que de sa gloire hier. »
11 se taisait déjà qu'elle écoutait encore.
Bientôt sur son épaule elle reprit l'amphore:
L'un de ses beaux bras nus, sur la hanche appuyé,
Soutenait le fardeau, l'autre à peine essuyé,
Sur sa tète arrondi jusqu'au vase d'argile,
Allait, pour raffermir, saisir l'anse fragile.
Charmant tableau, doré des splendeurs d'un beau jour.
Qu'au fond du souvenir gravait un chaste amour!
Et longtemps tous les deux, n'interrompant leur rêve
Qu'avec ces mots brisés que le silence achève,
lis suivirent, pensifs, leur sentier gracieux,
Taudis {[iw luiil l'Iail suuiire sous les l'iciix.
Quand ils furent auprès de la villa champêtre, Arrêtés de nouveau sous l'ombrage d'un hêtre, Ils s'étaient déjà dit, dans un rapide aveu, Leur espoir d'avenir et leur suprême vœu.
Et lui^ cherchant des yeux le regard qui l'effleure : « Ton père n'est pas riche, as-tu dit tout à l'heure, Et le champ trop borné que d'une active main Tourmente chaque jour le vieux soldat romain, A peine suffisant pour nourrir la famille, Refuse un don modique à la dot de sa lille ; Tu m'as dit tout cela dans ta simplicité Candide, et sans rougir de cette pauvreté; Mais mioi j'ai pour nous deux; j'ai la forêt prochaine Où le hêtre et le pin croissent mêlés au chêne ; J'ai de vastes troupeaux dans les grottes tapis, Et des plaines sans fin, frissonnantes d'épis. Au castrum de Geyssac, ceint de montagnes hautes, Cent serviteurs amis accueilleront nos hôtes ; Les bardes couronnés de lierre chanteront L'hymen, le noble hymen qui met l'orgueil au front; Et toi parmi mes sœurs, blondes filles des Gaules,