LIVRE QUATRIÈME lïJl
Révérée entre tous comme le vrai trésor,
L'humble argile, parmi les dons de marbre et d'or,
Dans le plus sur asile, au palais de mes pères,
Sera le monument de nos amours prospères;
Et nos fds légueront à leurs derniers neveux
Ce gage de bonheur couronné de nos vœux,
Où j'aurai fait graver ces seuls mots, notre histoire :
« Quand mon cœur avait soif, c'est là qu'il voulut boire. »
C'est ninsi qu'on mes vers, exhumant un passé Sur qui loubli, linceul plein d'ombre, est entassé. Il me plut demander aux fragments d'une amphore Un mot du long secret que le néant dévore, Tandis que des hauts monts tombait l'ombre du soir, Et que sur les déblais, pensif, j'allais m'asseoir. Jeu d'un instant d'ailleurs! caprice de la Muse (Jue le rêve séduit, que l'hypothèse amuse ! Mais devant ces débris qu'ébranle de leur cIhm' Ua la dent de la bi'Ciie ou l;i noiiitc du soc.
Devant ces lumulus qu'entament les charrues,
Et qui gardaient les os des races disparues,
Quoi de sur? que sait-on? qu'affirmer hors ceci :
<c La douleur et la mort ont passé par ici ! »
Tous ont payé la dette, à ce sol que je fouille,
Vivants, de leur sueur, et morts, de leur dépouille.
Double engrais! (Vest la loi jusqu'aux derniers des jours ;
Et l'arrêt sans appel sur vous pèse toujours,
0 générations que poussent devant elles
La douleur et la mort, ces deux sœurs immorteUes!
Oui! ouil tout le répète à qui veut l'oublier : Notre vieil univers, immense sablier D'où fuit, silencieux, le temps qui nous emmène. Est un noir sablier, fait de poussière humaine !... Et courage, pourtant, nous qui savons pourquoi La peine est de devoir, et le travail est loi I Courage, fatiguons une lande rebelle; Demandons aux déblais la récolte plus belle;