XVI AVANT-PROPOS
(lire. L'ont-ils dit comme il eût fallu le dire? je n'ose m'en flatter, et c'est là une tout autre question.
Quoi qu'il en puisse être, si mon œuvre reste sans écho, je ne m'en prendrai qu'à moi-même et à mon insuffisance. Le sujet ne saurait avoir eu tort; qui ne restera convaincu de l'utilité qu'il y a, soit à propager les idées que je sers, soit à affirmer en ce moment même, plus particulièrement que jamais, la vérité de ces idées? — L'opportunité d'une œuvre de poésie rustique ne me semble pas contestable. Un grand poème de la vie rurale serait le bienvenu. — Le grand poète manque; mais je ne suis pas seul à penser qu'il y aurait belle place pour lui.
Au lendemain du jour où j'écrivais le dernier vers de ce poème, je lisais, dans une Revue autorisée, des pages dont la justesse et l'à-propos ne pouvaient manquer de me frapper : je demande la permission de leur emprunter quelques lignes qui vaudront mieux qu'une préface, car elles n'auront pas été écrites pour le besoin de ma cause.
La poésie lyrique, dit un écrivain bien inspiré, la poésie lyrique, qui a fait la gloire de ce siècle, est bien discréditée depuis qu'elle a fatigué les lecteurs par l'abus des confidences personnelles, et qu'elle s'est aventurée dans l'inanité des