POÈME
\h! pourquoi don<
Lei COteaux bleiiH dans In lumière
Et les feuillages de IY-1.'
Qui remuaient déni II ri i Kèi
Mes yeui sont lai, mon ifC nunpu.
( )ù est cette aurore ileui |
(louché dans L'herbe, j'auraii pu
Rêver une si douce \ie:
Laisser mûrir mes abricot-.
Apprivoiser des escargots,
Bourrer ma pipe au frais champétn En regardant les ânes paître.
Au torrent pêcher les goujons Et les grenouilles dans lesjon<
Mener mes vaches à la foire, A l'auberge, chanter et boire,
Cueillir les œufs au poulailler.
Lire des stances et bâiller,
Et sous mes troènes de Tarbe, Loin des déserts et loin des flots, Piquer des roses dans ma barbe. ... Allons, tais-toi, cœur à sanglots,
CI! IM ÈRES ÉTRANGLÉ h S 27
Faiseur de lâches élégies, Vas-tu pas maudire le temps Qui souille comme des bougies Ton espérance et tes instants ?
Ne vas-tu pas sous la verdure Nous dévider tes écheveaux Et nous chanter que rien ne dure Que le silence et les tombeaux?
Marin, répare ta mâture, La mer fait cabrer ses chevaux ; Rien ne vaut la belle aventure Et les espoirs toujours nouveaux.
Et nous, vieux bouc, partons encore !
Quel pays nous attend ce soir Que l'espoir suscite et décore Jetant des roses au ciel noir?
Il P0ÈM1 i
MEi Lrompettet adoleeoi m
< > f 1 1 (Irrhirr l'ombre <l<- -<nl
J'ai rêvé d'empoigner !<■ crin De Pégase, Jean Pellerin,
Et d'éblouir Les demoisellef
Sur le cheval aux blanches iil<
Au bruit des vers que je chantais Je pensais vaincre les cit.
Qu'on jetterait sur mes bottines Des lauriers et des églantin*
Que les vierges en me nommant Seraient prises d'un tremblement.
Et qu'à Passy, charmante ivresse, Les chauffeurs sauraient mon adresse.
Mais à ce rêve où je me plus, Aujourd'hui je ne songe plus.
Mon livre vint et les libraires En vendirent trois exemplaires.
Livres vendus! Ah ! parlons d'eux Sur les quais j'en ai revu deux.
Le troisième, sa couverture Couvre des pots de confiture,
Et l'épicier que je connais De ses pages fait des cornets.
Oh ! la plus noire des boutiques î Le sucre y poisse mes distiques,
Et mon sourire et mes sanglots Enveloppent des berlingots,
Et parfois, dans une élégie, Le garçon roule une bougie.
Jean Pellerin, Jean Pellerin, Pour la gloire j'ai pris le train,
30 / / poi Ml i
M. lis. » hauteur ivre <ir Iiiiiip •le sin^ tombé pftl I « |>«" lièi
El me roilà §ur te talni
Là l»-is. Le tndn ne parait plus,
El je goûte, iiiave étude
Les roses de la solitude.
( 7/ 7 MÈRES ÊTRANGL ÊES : ; I
a Roger DEVIGINE
iNOus qui dans les matins grandioses voulions Vivre couverts de gloire et de peaux de lions, Nous finirons gérants de bar, tabellions,
Archivistes ou grooms d'autos aux larges trompes; Mais, sevrés pour jamais du triomphe et des pompes, Qu'importe à notre cœur, Destin, que tu le trompes.
Si tu nous sais donner l'espoir toujours nouveau D'aborder au pays sans neige ni tombeau Où verdit à l'azur le laurier le plus beau,
Et si celte espérance a doré nos journées, Si nous avons souri des guirlandes fanées, Confiants au loyer des tâches obstinées,
Et si, chantant dans la ténèbre et dans le vent, Nous nous sentons avec une candeur d'enfant, Baigner dans la lumière et le soleil levant.
// l>nl\ll. hl
i Pliai »l I
.1 \\ mis des Heurs autour de mi Hùi<- mélancolique Et, toujours exilé, soufflant ioui lai saules de I IL
J'ai tour à tour chaut/: l'ombre H les Iransiloii.
L'azur, les escargots, l'amour, La j >î j>f - efl les étoiles;
El l'on a vu parfois passer aux pages de mes livres,
Dans les vallons français des paons. i\v* bufflet et de* tigl
El même, à la saison où jaunissent hs blanoi troènes, Achevai sur un houe, j'allais réciter defl poèmes Je proclamais l'espoir parmi les cendres et les roch< Et le houe indulgent s'endormait au brait de mes strophes. On disait : « C'est un fou, qui vit dans les éclats de rii Et nul, pas même lui, ne devine ce qu'il veut dire. ■ Mais vous le comprenez, vous dont la tendresse m'entour* Le douloureux tourment qui me soutient et qui m'étouffe, Et vous avez senti que mes soupirs étaient sincères, Vous, amis d'Oloron, de Barcelone et de Bruxelles, De Toulouse, de Mons, d'Oxford, de Paris et de Tarbes. Et que sous mon sourire il y avait de pauvres larme
a Henri MARTINE AU
JNOus attendions des héroïnes Qui dormissent sous des troènes
Ou tendissent sur des terrasses Des lis verts et des branches rousses,
Et nous aurions chanté leurs lèvres Avec leurs fièvres dans nos livres,
Afin, défuntes nos jeunesses, Postérité, que tu connusses
Les traits, les tresses, les détresses Atroces de ces Béatrices.
Où sont-elles, ces grandes âmes ?
Où sont-elles? Tu le présumes.
Elles sont dans l'azur étrange Où le rêve des hommes plonge
/ / POt Ml l>t
If déroule dans l< v délicet
El parmi Ici musiqnei lai
La semaine dei trois dimanches.
Gomme les feuillet dont tu jonche*
Le gravier bleu booi Les platanes, Automne aux roses incertauK
spoir s'abolit des triomph» - Que nous ruvames sur ces nymphe-
Mais celles que nous rencontrâmes.
Et qui fleurirent nos trirèmes,
Prononcèrent des mots sublimes Pour dénouer les grands problèmes.
Elles eurent la voix des flûtes Pour discourir de leurs voilettes
Et prirent des poses lointaines Pour disserter de leurs bottines.
La passion, nous la connûmes En voyant le fond de nos âmes.
Les leurs étaient pleines de brumes.
Mais de ces belles nous apprîmes,
Avec la ruse des sourires,
Le prix des gants et des fourrures.
En vain, nous battions les cymbales En les chantant ; et pour ces belles,
Qui dédaignaient les orthographes, Pourquoi composions-nous des strophes?
Elles n'ouvraient point nos plaquettes Aux dédicaces délicates
/ / l'ui. \1 1 DES
Bien qu'ellei hissent j>lu t<*»t min
Et si nous leur lisions des stann
Mlles disaient des phrases Nagm En songeant à d« \ê < atalogucs.
Nouveautés, dentelles, réclam
De blanc à tous les rayons, plumes,
Blouses, manchons, serviettes, jupes, Wi ! laissez-nous bourrer nos pipes!
Car c'est vous, Echo de la Mode, Qui faites pâlir Y Iliade
Et qu'on préfère à Y Enéide Comme au Discours de la Méthode.
— Ami, pourquoi cette colère Et ces grincements de ta lyre ?
— Je técoule, Muse, qui parles, De tubéreuses et de perles
Et conseilles que je profite Du monde comme d'une fête.
— Que t'importent toutes ces choses.
Puisque les lèvres que tu baises
Frémissent et serrent tes lèvres, Qu'elles n'épèlent point les livres
Qui vivent aux bibliothèques, Et ne sourient à tes Ithaques ?
Que t'importe, si dans ton rêve Tu sais voguer vers une rive,
Branches molles, lente colline ?
Où des oiseaux couleur de lune
Dans une rouge odeur d'automne Chantent au bord d'une fontaine,
/ / PO h \U l
Va .si. loi s<|u<* tu t'en rotoni " Loin <!<■ tomber aui henrei kei a
\j)i(-s la moi! du BOrtilègl Tu trouves près de Ion \ i
l ii visage qui te sourie Et prolonge ta rêreri
VIendras-Ui rallumer les lampes Et ma vie, Amour que j'attends?
J'ai des cheveux gris sur les tempes Et je n'ai pas encor trente ans.
Hôtels garnis, chambres meublées, Escaliers tristes, quels décors !
Ah ! princesses ensorcelées, Lys ténébreux dans les allées, Vasques de jaspe et chœurs de cors !
Où est l'amour dont je renaisse Et qui me rende ma jeunesse?
Email fendu du lavabo Où saucèrent tant de visages Disparus ; sont-ils au tombeau Ou rient-ils à des paysages?
Amer poison des logements
Dont mourraient seize Mithridates;
// roi. mi i>i
Miroir terne <'ù l«,v diamants Dr problématiques aman Gravèrent des noms et dei dates.
Ils sonl partis. Ils sont aillen
Les jours passés sont !<•* meilleurs.
Chambres désertes et cruelles Où j'erre avec mon encrier ; Des buveurs braillent aux ruell A quoi bon gémir et crier?
Qui veut trop chanter, il s'enroue ; Et par les vitres de l'hôtel Ne vois-tu pas la Grande Roue Et ces beaux nuages que troue Et déchire la tour Eiffel ?
Ton cœur, n'est ce un de ces nuages.
Ton cœur, après tant de voyages?
CHIMERES ÉTRANGE ÊES 41
Chambres d'hôtel, amours d'un jour, De six mois ou de quatre années, Ce sont des roses mortes pour De futures roses fanées.
Rêves ternis, bannis, finis, Se peut-il que tu te rallumes, Espoir? Amours, hôtels garnis, Les cœurs s'en vont de nids en nids Perdant leurs larmes et leurs plumes,
La lune monte, seule aussi, Image et fleur de mon souci.
/ / roi: Ml. I>l
JE soniiir dani ma peui re fin1 Et la glace, hélai I ne reflète
Aucun sourire auprèf de ma lu-
\ucnn riaage auprèi de mon \i-.ige.
I» sifflerai, puisque le sort l'exige
Un lilas bien se fane dans |,i I,,— <■
( )n tu buvais du thé chinois
Dans l'automne embaumé de pommea et de noix.
Il y avait des brandies vertes,
Il y avait des feuilles mort' Et tu dansais parmi les noires chèvres, Dans l'herbe jaune en secouant des roses. Et tu savais des baisers et des ruses Qui me laissaient tremblant et les mains m
La nuit c'étaient les rossignols Et la lune glissant sur les bois espagnols.
Ombreuse auberge béarnaise
Que notre tendresse éternise î Tu fredonnais en frottant la guitare De sombres airs, graves comme l'orage, Et les rouliers qui buvaient du vin rouge Se regardaient et regardaient la terre.
Et je t'aimais éperdument, (Dis si je mens) comme un jeune homme de roman.
Et derrière je ne sais quelles Mers orageuses ou tranquilles Sais-je où tu es? Mais les toits du village Fument encor vers les blanches montagnes, Et les enfants ramassent des châtaignes, Et le sureau de ses grappes s'allège.
Même décor. Pour n'y changer, Ne reviendras-tu pas danser dans le verger?
Ce sont les hêtres et les ormes.
Mais la flûte à l'heure des larmes, En endormant ma cure et son murmure, Transformera ma peine en harmonie ; Et je mordrai dans la rose fanée Et les rubis de la grenade amère ;
Et de leurs lèvres sur mes yeux Les Muses sécheront des pleurs délicieux.
il / /. l'Oh Ml i
1 i \ patronne d'un lii rondo Put indulgente .'■ mon « tpri< Gardons, mon cher Jean Pellerin, Que -ii mémoire ne péi il
.le pâmais .m vu de s,i peau, Et, soui §on rire étincelant, Cœur chariré, fusil tremblant, Je ratais l'œuf sur lejel d'aan.
Mais c'est en vain que tu combine- Des rythmes purs pour cette Hélène Elle sentait l'acétylène Et la poudre des carabines.
Dans la baraque à l'ouistiti Que le temps fane et désagrège.
Par un air bleu de confetti Quelque beau jour la reverrai-je?..
tiASINO de Paris, Olympia, Folies -
Bergère, quels troupeaux d'âpres mélancolies,
Chevreaux meurtris, béliers fourbus, dans vos lumit
Et vos tumultes, j'ai traînés! Mais les premières
Voluptés, leurs langueurs, leurs plaintes immortelles,
Ou qu'on croit telles, leurs alarmes, où sont-elles,
Et leurs larmes ? Douleurs, dont mes nuits étaient ivres
Et qu'aux tonnerres de l'orchestre, aux cris des cuivres
Rauques, des sourds banjos, des trompes, aux rafales
De clarté, je tentais d'abolir. Triomphales
Couronnes, les lauriers, aussi les marguerites,
Les dahlias, c'est toi seule qui les mérites
Et les roses, Jeunesse aux victoires secrètes
Et douces. Mais voici qu'au talus tu t'arrêtes
Avec ton blanc troupeau d'illusions qui broute
L'herbe rousse, et faut-il au désert de la route,
Quand le vent de la vie a soufflé les étoiles,
Quand mes yeux qu'enchantait la couleur de tes voiles
Ne voient plus que l'horreur de la nature nue,
Faut-il que, vagabond triste, je continue,
Sans l'espoir d'une auberge où je puisse descendre,
A marcher dans l'ennui, l'amertume et la cendre?
i * . / / VOt Ml. I>l
Si r i<- toil noir et i>i*i j que mon ** x î I habite La grêle blanche et dure aux ardoise i répit i i rebondit, tintant aux iritres, parmi les Plomee <pii voient dam la faite <l< ■* poulets. Grêle, bonles <!<• gai, cristal, œufs des oolombee Fabuleuses, dans an fracas raaqoe tu tombes, Paachant les roses «les rosiers, et lu détrais La verdure des cerisiers roages de traits. Dans l'herbe, 1rs robis roulent avec les perles.
O nuage, au coteau bleuâtre ta déferles
Gomme an océan gris qui submerge L'axai
Kt la terre avec ses vignes tristes : et sur
Le paysage éteint cette mélancolie,
[Vest-ce la mienne où tout soleil baisse et s'oublie,
Qui déchire et ternit les rameaux les plus verts
Kt de cendre et de nuit imprègne l'univers ?
CHasseur morose, las durant la nuit sereine De tirer sur la lune avec du petit plomb, Ayant d'un réséda bouché mon vieux tromblon, Je me veux promener sous une calme ombrelle.
Que d'autres au cœur neuf s'en aillent vers l'azur, Que d'autres sur la mer tendent les larges voiles ! Je contemple mes tulipes et mes pivoines Et les lents escargots qui rêvent sur le mur.
Naguère, je tremblais sous les étoiles blanches ;
Pour me mieux animer ma voix liait des mots,
Et d'un bras confiant je sciais les ormeaux
Pour prendre les oiseaux qui chantaient dans les branches.
Adieu, vieux jours. J'irai in'asseoir sur la hauteur, Sifflant Guillaume Tell sous les jeunes troènes, Pour voir l'Aube aux bras blancs, parure des poèmes, Qui vide sur les prés son vaporisateur.
Et sans me lamenter sur ma lyre brisée, Seul, je regarderai dans le trèfle, en bourrant Ma pipe, les piverts qui boivent au torrent Et les cailles qui vont pieds nus dans la rosée.
/ / POl \JI hi
I h di .i/iii • Lei bouvreuils l'éveillent «lans le» ro* loleil ;i léché i<,v touffe d< béliotrop Util !,i rosi b enooi ^< miili<- rai Lei b it L'heure eu robe rerte où, souriant lui fouillai fraîcl Ta jetaii de L'avoine à La dernière poule. i i) pigeon k'iN el bleu sur Lei tuiles rougei roucoule
Et le vent soucieux et triste des automnes
Secoue tui verti bambous des coquilles d'escargots jaunes.
JE ne veux point gémir ni perdre la pensée
Pour que ma Muse par la gloire balancée,
Moi couché cependant dans les ténèbres calmes,
Sur ses lauriers vivants goûte le vent des palmes,
Hymne perpétuel et doux, mais qui n'arrive
A nul, même en écho, s'il a quitté la rive.
Je me lève et tandis que l'infirmière m'aide
A. me vêtir, je songe à la belle Andromède.
Ainsi t'aurais-je plu, vierge d'Ethiopie?
Me voici plus léger qu'une plume de pie
Et pour m'aller asseoir dans la tonnelle rousse,
Sous chacun de mes bras je loge un gros Larousse,
Tant je crains que le vent qui raille sous ma porto
Quand je traverserai le jardin ne m'emporte,
Les pans de ma jaquette enflés comme des voiles.
Et ne m'aille vivant mélanger aux étoiles.
roi mi. in
CHambri d'hôtel morose el ride. I n osilief pencb i ! toache !<• miroir ii iste ou tu oontemp
• n m- I.m Chai de Bai l aoidi, MM. les i lient* ami priés <i<" régler chaque dimanche.
t dimanche. Régions les comptes de ce <um. Rideaux jaunes <i noir-, quel funèbre déooi
Tu n'es plus là. J'ai lu Deliiie et V Annuaire
Des Téléphones* pour ne plus songer à tes Sanglota : mais je voyais tes termes et restais
Des heures, les yeux clos, trop habiles à me nuire.
V remuer ma peine au lieu de l'endormir
Et mâchant ma douleur comme un fruit trop amer.
CHIMERES ÊTR ' VGLÉES
SOleil triste, mairie obscure, ô jours amers !
Un poulet bat de l'aile et crie, et, sur les murs,
Fades gravures : La Herse, Cité lacustre
Ou Palajitte ; et, sur la table, le registre
Des mariages ; deux orvets empaillés, dons
D'un anonyme et le portrait des Présidents
Et le cadastre avec ses taches de bougie.
Et cependant mon cœur n'est plus qu'une élégie,
Belle amie, et je songe à vous qui n'êtes plus
Qu'une ombre chère, un souvenir où je me plais
Et qui m'attriste et, sur mes jours, l'odeur des myrtes
D'un vieil automne et le parfum des roses mortes.
Cheveux légers, chair douce aux lèvres de l'amour
Et qu'orgueilleux j'aimais à regarder dormir,
Vous ; et l'air tiède, avec votre grâce apparue
Et ma peine, balance aux murs de la mairie,
Dans une odeur de buis et de trèfle incarnat,
Grévy, ta redingote, et ton habit, Garnot.
/ / l'OI Ml /
a l'un. m CHABA1IIIX,
Pli ii.ii>!>» , \<»us liriez le.s lapins <!<• ^'.urmic Dans lc> pn's jaunes de Caii >MM
(Canton du dit, arrondissement de Muret) Aux jours lointains où dan- fol Itulei murmurait
(..i aii 'seo b( brûlant qui f i i [>ai t le feuillage.
Une hirondelle sur l'aiguille de l'horloge Se posait et donnait en laissant pendre Ailes noires, tableau charmant, et je passais Devant l'église avec vous et la chienne lasse Qui buvait à l'ornière et tirait sur sa laisse En revenant de la chasse, et nous demeurions Sur la place où grinçaient déjà quelques grillons A regarder les deux clochers de brique pâle Et rose. Sous l'oiseau noir l'aiguille immobile A six heures marquait encor deux heures moins Le quart. Odeur des bois, de la terre et des foins, Odeur des coudriers au bord du fleuve amère Et visqueuse, c'est vous que je me remémore En arrêtant ce soir l'aiguille de mes jours Sur les lapins roulant dans l'herbe et les labours.
C'étaient les maquignons sous le jaune feuillage,
Les mules grises, les brebis de l'Ariège,
Les charrettes, le bruit, les clochettes, les cris,
Et les ruades quand les bois étaient fleuris
Du premier givre des novembres. A l'auberge
Les ivrognes juraient et se coupaient la gorge,
Dans l'odeur du vin rouge et du mouton graisseux.
Nous fumions notre pipe et n'étant pas de ceux
Que le puant aspect des goujats passionne
Nous allions vers les bois et battions cette chienne
Qui dans les basses-cours étranglait les poulets.
Les ornières craquaient sous nos semelles. Les
Moineaux roux se gonflaient sur les piquets des vignes.
Ballerines, vos mains se collaient à vos peignes
Et vous dansiez, et vous tourniez et vous tapiez
Le plancher rouge et vert qui sonnait sous vos pieds.
Pourquoi toujours pensais-je à cette ardeur lointaine
Dans ce décor malade et glacé de l'automne,
Pourquoi voyais-je encor vos visages crispés,
Ces lanternes, ces pleurs et ces noirs canapés,
Quand nous rêvions au bord de la Garonne grise
Où la lune tremblait comme une pâle rose ?
/ / poê m : ni \
|,i ,n légei - comme une laine gi I
Qui Bottaient dani I 'air frais frôlaient la lune i i i boui Les arbres noirs de oe beau crépoacale Je baiaaii tristement ton visage tranquille, El 1rs mains iur tel \<'u\ je regardait la ferme Qui fumait et voguait sur les Bots de Luierne.
Image des départs vers d'autres aventun
Cieux inconnus ; baisers nouveaux; vieilles guitan
Les Irois ruches dormaient, mais des meules <!<■ paille
Les étoiles montaient comme un essaim d'abeilles
Ou comme d'une enclume un bouquet détincell.
El notre amour n'était plus qu'ombre et feuill bes
Pourquoi voulais-jc fuir, déjà plein d'amertume Et de regrets, moi qui t'aimais et moi qui t'aime. Mais avide en mes bras de presser d'autres rêves, Quoique assuré du vain voyage vers des t'w Vaines ? Le soir sentait la verdure et les pomme> Et tes cheveux se dénouaient sur tes épaules.
CHIMÈRES ÊTRANGL1 l S
Le navire fleuri m'allait porter à l'île
Elue : arbres légers, eau lente, libellules.
Mais je pleurais sur le morose embarcadère
Ces soirs qui sentaient les pommes et la verdure
Et, pressant sur mon cœur le paquet de tes lettres,
En songe je buvais mes larmes sur tes lèvres.
Je ne reviendrai pas rêver dans la luzerne
Ni boire amèrement la tristesse nocturne
Dans le verger paisible à côté des trois ruches
Où je baisais ta bouche en tenant tes mains fraîches,
Je ne reviendrai pas, et coule la rivière
Et le vent souflle, à moins qu'un soir je ne revienne.
56 / / POÈ i// i
PEbsovni ne non Jam i
QuC j<' te I II • ucillir rj
An moi s <i<! mai
Sur lai rosieri ;m\ étiquettei de l >- * i ^ {aune
Par un ciel l> U*i j comme ta roi
Personne ne saura Jamais...
Que tu fus doaœ ;i ma colère Au mois de mai, Que tu pleurais dans un bouquet de violettes, Que les larmes mouillaient tes lèvres.
Personne ne saura jamais. .
Trop transparentes libellules Au mois de mai.. Ton léger souvenir s'enfuit comme une plume De tourterelle au clair de lune.
CHIMERES ETRANGI. ÊES 57
VIolons qui chantez sous les archets du vent, Sureaux aux blanches fleurs, bleus et larges platanes, Je vous retrouve à l'heure où mes rêves s'en vont, Et le vert déchirant des montagnes natales.
Genêts, lac, fusion bouillonnante, métal
Jaune et vert, or et cuivre, où plongent les abeilles,
Et torride bourdonnement sous les catal -
Pas rouges, qu'un soleil crève de rudes pailles.
Mais ce spectacle est trop puissant pour ma douleur Et je souffre à pleurer d'une âpre jalousie Monotone, devant le triomphe, dans l'air Et sur la terre, du tumulte et de la vie.
Vers le silence et pour me retrouver face à Face avec moi, j'irai sous les saules de l'île, Verte ombre que jamais nul astre ne perça, Seul et blessé comme un cygne qui bat de l'aile.
/ / i'<n mi m
Lourde el profonde oomme an ample désespoir, Entre les herbes l'eau !r i i ^ - * • avec an murmure. Tu ne reviendras i>lu> au vergei pourpre, poui Cueillir la pomme acide avec la nèfle mûre.
Les \<»i( i ic\ enua Les malins embaum
Fleurs, branches, bleus bouvreuils; mail que la - mosl
Donne et repos»- dans nia mémoire à jamai-
Soufl lea fleurs de troène el les feuilles de myrte.
Quelque rose que tu cueilles, Une nuit la fanera ; Le vent fait voler les feuilles, Les amours, etc... .
Et pourtant j'aime les roses, Le feuillage et les amours Et bien d'autres belles choses Qui ne durent pas toujours.
Durer, durer... Rien ne dure.
Accourez, comparaisons !
Rappelons que la verdure Pas ne dure trois saisons.
Tout passe et cela n'est pas ce Que les gens n'ont dit assez; Ils ont écrit que tout passe Et leurs livres sont passés,
Sauf certains ; et les miens, Muse, Dureront-ils plus longtemps Qu'une voix de cornemuse Qui se perd sur les étangs ?
/ / l-nl Ml. hl -
Ifaii «i'i Impoi te ' Toutei choses,
Ne (lurent ellei '|u Hii JOUI
poèmes ri Im roses lt les feuilles h L'amour,
Tonte* ohotei ne soat-elles
les mmeaux jaunM mi rertl
Des guirlandes éternelle!
Que déroule l'univei
Toutes choses sont Lié La mollesse et le tambour, Les poèmes, les fcuil 1< Et les grâces de l'amour,
Et chacune tient sa place Dans cet hymne qui depuis L'aube éternelle entrelace Les chants des jours et des nuits.
Quelque rose que tu cueilles.
Une nuit la fanera Mais la rose avec ses feuilles, C'est la vie. Etc
fil
COmme les marronniers d'Inde et la grange, qu'on
Me rende, avec les lilas de l'auberge, Le rosier qui parait la grille et le balcon
D'une guirlande jaune et verte ;
Et que je puisse, loin du vacarme et des cris Qui font trembler les vitres de la ville, Revoir l'azur et sous les lents nuages gris
Les feuilles rouges de la vigne.
Collines douces, nuits qu'embaument les foins mûrs,
Ne goûterai-je plus vos molles grâces, Et ne verrai-je plus le noir lierre aux murs Et les oranges des terrasses ?
/ / VOl Ml l'I S
P \inii mas louvenii i Gloi Indi bolsis
i leite i ne avec s'^ étal ( >ù tu \ <>v iii h en un rare mélan|
Do Qorim <!<■ Florence, une plume de l'ange Gabriel et, pendant tu char <1 Achille, Il ( 1(,i\ are . dei chapeaux paille et demin Des perles, i«- \ < • 1 1 d'eau d'un fauteuil Louii W I L'écharpe blanche <:i glande d'or d'un garde-française; Des médailles un aureus d'Auréiii Le crabe d'Agrigente et le loup argien, La tortue éginète et le thon <1<* Cyiique El la chouette athénienne); La Physique D'Aristote, les Commentoireê de César; Des sceaux de cire verte, une peau de lézard, I d télescope, des plantes médicinales El la collection complète des Annales (Manque un tome); des aquarelles, des oiseaux De Malacca, Manon Lescaut avec deux eaux- Portefl (l'une piquée et l'autre disparue)...
L'air était rouge et lourd dans cette vieille rue. L'ombre noire de deux pigeons sur les pavés Voluptueux. Des perruches. Tu me suivais Et quand je me tournais je te voyais sourire. Clorinde, en y rêvant, je m'arrête d'écrire Et songe avec délice et souffre de songer
A ces murs qui sentaient le miel et l'oranger. Un gros perroquet vert cria (19 12).
Briques brûlantes, vieux étalages, Toulouse (S'il faut dire d'un mot le décor où l'Amour Nous menait et, noyant sous des nappes de jour Ma ténèbre, au milieu de ces ardeurs complices Enivrait notre cœur de mortelles délices) Toulouse (reprenons la phrase, s'il vous plaît) Et ce double pigeon, Clorinde, qui volait Gomme pour imiter nos deux âmes liées, Voici qu'au bord de l'eau, sous les chaudes feuillées, C'est Toulouse au beau ciel, ses jardins gracieux Et son fleuve et tes pleurs; et je ferme les yeux Pour me mieux dérober au jour qui m'environne Et pour nouer en ton honneur cette couronne Que sur tes noirs cheveux un rêve ira poser, Cette couronne où chaque feuille est un baiser.
//. POÈMl Dl
I ! IAN< Il < M'
lNh.n le bonheur, dont le pipeau Module plus doux que la «jloii- Prends ta massue et ton ehapeau .
Mais eCst toujours la même histoire
Des fleurs sur l'onde et les agr< Un vol de neige au bleu s'élance, Et sur les flots au loin dorés Le blanc navire se balance.
Faites sonner les beaux clairons!
Des roses s'ouvrent aux antennes ; Les astres nous les cueillerons, Là-bas, au ras des mers lointaines
Et le vaisseau navigue sur L'eau claire où se mirent les voiles Et là-bas les rameaux d'azur Inclinent des grappes d'étoiles.
Quel vent arrache les bouquets Et bat la mer creuse et terrible ?
Les bateaux sont entrechoqués Comme des graines dans un crible.
Quelles sont ces montagnes d'eau Et ces tonnerres d'avalanches ?
Mon pauvre ami, que tu es beau Sous ces trombes vertes et blanches !
L'ouragan hurle et tord les mâts ; Le vaisseau grince, tangue et roule.
Et l'oiseau bleu que tu aimas Il est noyé comme une poule.
Et maintenant tu peux t'asseoir Au milieu des lambeaux des voiles ; Ce n'est pas encore ce soir Que l'on décroche les étoiles.
Alors on pleure la saison Pleine de nids et de dimanches, La glycine sur la maison Et la rivière sous les branches.
On l'en revient bien tristement Bani a i alite d
On i «'M rr\ lent comme .)<• do en Kr\ inis \crs L'ombre el le lilen
Plui <!<• royagei et (ju< l'on Jette ma cuirasse et ma piqu Mon cœur n'est pku qu'un violon Sous un archet mélancolique.
CHIMÈRES ÉTRANGL Ê ES
UNe pie noire et blanche en se posant sur un platane A fait dégringoler un flot de feuilles jaunes. C'est l'automne. Bourre de roses ta guitare Et médite en silence aux dernières nuits chaudes Sur tes lauriers en fleurs qu'a brûlés le tonnerre,
Et dans l'air tendre aux feuilles crois entendre Ces soupirs qu'éclaira par un autre septembre La topaze lunaire.
Des mots. Des mots. Pourtant ta douleur est si simple... Pourquoi ne pas pleurer comme un pauvre jeune homme?
Mais non ; chaque lanière qui te cingle Te fait jaillir du cœur une harangue trop sonore; Et lyrique et debout dans les ruines et les roches Et défiant le sort, les étoiles et la nature, Tu peuples de discours ta malheureuse solitude
Et tu gardes tes pleurs pour verser des paroles.
Tu déclames; tu crois jouer un vaste rôle;
Mais qu'une feuille tombe au bois qui t'environne ;
Que tu triomphes d'une robe ; Que Irop lourde de sucre et prise à la rafale
Une abeille froisse son aile ;
Qu'aux verts bambous de la tonnelle Un liseron se dénoue et se fane ;
// POÈAfl i
Que les lilas noircissent sous la W Qu'un chien M noie ;iu tumiill E( que meure une ardeur que tu crUI éternelle :
Ce iont toutes choses égale*.
Les bleui m.'irtins-pèchcui s égratignaient le fleuve calm
Tu sommeillait loni Lei noyers don! l'ombre est fraîche et noire
El tu rêvais, loin du taux musc et du fine
De la ville où régnaient lu Matchiche et i<i Tonkuvo VA cette blanche ballerine
Qui dansait nue avec un ara bleu sur la poitrine
Sous les feuillages qui chantaient au vent d'automne, Malgré ton désespoir dans l'herbe de la rive
Tu n'avais pas ce cœur qui se lamente et qui s'étonne Et tu savais encor, sous tes larmes, sourire.
Laisse tomber les feuilles jaunes des platanes Et tes espoirs pareils à des fusées Qui montaient en brûlant au-dessus des plaines natale-
Demain il y aura de nouvelles rosées, Des feuillages nouveaux et des lèvres persuasives
Et des amours que déjà tu désires Eclatant sur tes jours comme l'orage et les tonnerres, Des tendresses que berce en caresse l'azur des îles, Et de plus en plus éternelles.
NOn, ne pousse pas de cris, Car cela ne sert pas à grand'chose ;
Vois voler sur le ciel gris, Lentement, ce pigeon vert et rose.
Que sait-il de la vie et du sort?
A-t-il feuilleté les livres de métaphysique ? Mais dans l'air qui joue une langoureuse musique
Il s'ébat sans songer à la mort.
Vis de même au calme des prairies Et dans la douce clarté
Respire sous les branches fleuries Avec ingénuité.
POi >'/ m i ni mi M . / //.
AMoi a, mon amour l<- plui chai , J'ai connu cei anbei ci ciel h Veillanl encore ■< L'heure oùjevoyaii blanohii L'aube couleur <!<• pli luil
J'en pleurait, malt, tdtu, jusqu Sommeil je méditais ^m- l<- mystère
Kl quelquefois. \;i^ru<' ivresse, on écho Faible me répondait du fond <lo La nature.
Puis comme un astre éclaterai!
T'incendiant, nuit coutumière, Muses, j'ai tressailli dans la chair et l'esprit Et j'ai marché dans l'immense lumièr
Car le monde est harmonieux Gomme un beau chœur que soutiennent les 1\ Ouvre les yeux, Amour, ouvre les yeux Et danse de plaisir dans l'air que tu respires.