LE P O È M E S A N S KO M
L'ange de la fraîcheur plane sous le soleil ! Il plane sur mon corps, qui brûlait, tout à l'heure! Depuis que de son aile, en planant, il m'effleure. Je sens en moi couler un sang bien plus vermeil !
Il plane sur mon corps ; et voici le réveil De mes forces; et c'est si divin que j'en pleure! Il plane sur mon corps; et, ce n'est' pas un leurre. Mon corps est inondé d'un bonheur sans pareil!
Mais mon âme est encor sur la grand' route aride! Mais mon âme est encor sous le grand ciel torride Et l'air qu'elle respire est toujours suffocant!
L'ombre douce à mon corps, mon âme la réclame. \h! pourrai-je jamais peindre mon bonheur, quand L'ange de la fraîcheur planera sur mon âme!...
fff
LW
Ah! je m'en souviendrai perpétuellement De cette sotte nuit toute pleine d'orage Où me vint, tout à coup, l'imbécile courage De tout te dévoiler de mon passé d'amant!
Je me tançai, trop tard, d'un tel emportement. \vais-je jamais fait un plus stupide ouvrage? Chaque fois que j'y pense, ô ma chère, j'enrage: Et c'est pour ma rancœur un constant aliment
Encor si tu m'avais rendu, toi, la pareille! Allons donc! ton esprit bien trop fort se surveille!.. . Pourtant, je nie rappelle un moment d'abandon:
Un jour que tu gardais un silence barbare, Comme je demandais : « A quoi penses-tu donc? ». Tu te trahis, disant: « Mais à rien ... Je compare. »