LISTE DES OUVRAGES
sister davantage sur ce travail pour qu'on en comprenne Ténonnité. Les seize premières lettres de Talphabet étaient remplies et mises au net; les faits relatifs aux autres lettres étaient colligés et il ne me restait plus qu'à les classer; chaque lettre terminée était soigneusement recouverte d'une enveloppe de papier, ficelée et cachetée; il y avait plus de neuf ans que je préparais et exécutais cette besogne; ma santé s'y était gravement altérée. Néanmoins je persistais. »
Ces manuscrits étaient renfermés dans une armoire du bureau que Charles Nisard occupait aux Tuileries, comme employé de la liste civile. Voici ce qu'il en advint :
« Or, le 24 février, j'étais à mon poste où j'avais même passé la nuit du 23 au 24. L'intelligente bourgeoisie de Paris, shakos et bonnets à poil, Tros Rutulus ve, la garde nationale enfin, puisqu'il faut l'appeler par son nom, faisait retentir les échos d'alentour du spirituel cri de : Vive la Réforme! elle ne dédaignait même pas de se livrer de temps en temps à des lazzis du Koût le plus fin sur ce vieux bonhomme de roi, désormais contraint, disait-elle, avec cette rare prévoyance qui caractérise ses jugements, de nous donner l'adjonction des capacités. Il nous la donna, en efi*et, comme chacun sait, et même
quelque chose de plus. Heureuse et fière, la garde nationale rentra dans ses quartiers.
» Cependant, quelques amateurs, armés de fusils, de tremblons et d'escopettes, arrivaient au pas de course sur les Tuileries, déterminés à s'y rafraîchir un peu, après s'être divertis à égorger quelques couples de municipaux, sur la place du Palais-Royal. Ils forcent le guichet de l'Echelle; fit via vi, rumpunt aditus, envahissent la cour, escaladent les fenêtres et remplissent les appartements. Aussitôt volent dans la cour des shakos, des buffleteries, des épaulettes, des uniformes. C'est la dépouille des gardes municipaux trouvés dans le salon de* la Paix, les uns saintement égorgés, les autres épargnés par oubli. On fait un amas de tous ces objets et on y met le feu.
» Le trop plein de cette foule, repoussé des grands appartements, se déverse dans les autres parties du palais, et reflue vers mon bureau. A tout événement, je mets dans ma poche le manuscrit du livre que voici : le Triumvirat, et j'attends. Cinq minutes ne se sont pas écoulées que je suis pris d'assaut. Je crois que la rage do détruire et sans doute ausslTimpatience de faire sa main qui poussaient alors ces estimables citoyens hors des voies de leur modération natu-
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Exsr^f ^Bnjis^ j»* s^siqvsie. Dnns la coar, je ii9f m^'ù:; X ÇI»^J^l>f$ ^ïie^rLiîenis. qni ramassent >< 7c^tf«^:$L»^s |«>^!«Er es: alîmenier nn immense ^fo: £>« >rôf^. ;>^ ^fïs renz^ £ûre. non sans son xr^ rjaLTitfq:; >? 7«»îrTa: I-^s attendrir, quand le ii>.*az}^irQ vôex'ira <:<£ s.<<s livn» et mes pauvres Tijixïisscr:^ ^c.raï'; > sa:ss pêrilleax. Soudain, un I i-r^? v:^!*. Tcc^ iîx. tcîs ringt : les manuscrits .•?f î^uifT >i:T-e!î.; :»^c*rîâiienî. lesquels retom- :«f«T: i i:^:jLi; r.-::f*::x àjLSiS le g«i^re enflammé, ;j:?^ I:f^ r2:jL:r< c/::: >:5 jeîîem n'ont pas même vr.< T^wi>f i* it^.;*r les p&quets et qu'elles se . ;>rc:<rc.; erîr^ t'..es. cv>3i3ae des discoboles, à ;;;:l <;erx le rl;is 3iiro:;. le plus prompt à toucher
» l.^^ >^ii^ ra4ueî:> y psas^rent et comme je ^vC^;:::â:<^ ;e n:e :ron;ro, comme je ruminais ;:::e ;;:u:\k* v-^s<»rv2i::oa. un de ceux qui attisaient > feu me è; Ihonneur de œe demander si j'étais
jaloux d'aller faire compagnie à mes manuscrits. »
Charles Nisard ne fut point tenté de recommencer ce travail et personne ne l'a entrepris après lui.
En 1871, autre révolution, autre incendie, autre ouvrage brûlé en manuscrit. La Préface de VEtude sur le langage populaire ou patois de Paris nous apprend ce que devait être cet ouvrage et comment il a péri :
« Cette étude devait servir de complément à un Dictionnaire du patois de Paris et de la banlieue, destiné à faire partie de VHistoire générale de la ville de Paris, entreprise par M. le baron Haussmann, et dont une dizaine de volumes ont été publiés. Le manuscrit du Dictionnaire était déposé au bureau des Travaux historiques, à l'Hôtel de Ville, attendant l'impression, lorsqu'il périt tout entier dans l'incendie d'une des annexes de ce monument, au mois de mai 1871.
Il y avait sept ans que j'y donnais tous mes soins. Aurai-je le temps de le refaire? Je l'essaierai du moins, si Dieu me prête vie. »
Il ne le refit pas; il n'en refit du moins qu'une très petite partie qui a formé les Parisianismes,
« Parmi trois ou quatre mille mots et locutions,