Lettres, éd. c, 1. I, pp. 33, 37, 38 et
MATNARD ET RICHELIEU 225
Le moment du départ était arrivé — mars 1634 — sans que le comte de Noailles eût trouvé de premier secrétaire. La Mothe le Yayer et Silhon ', qu'il avait sollicités, s'étaient excusés, tandis que l'ambassadeur ne voulait pas de Jean-Jacques Bouchard2, humaniste distingué, mais personnage méprisable malgré l'amitié dont l'honorèrent Peiresc et les Du Puy. En se rendant à Marseille, port où l'attendaient les galères qui devaient le mener à Givita-Vecchia, Noailles passa, le 18 mars 1634, par Aix où il reçut entre autres les visites du célèbre philosophe Gassendi, chanoine à Digne, et du grand érudit et polygraphe Peiresc, conseiller au Parlement de Provence. Le savant plaida chaleureusement la cause de Bouchard, qui entretenait l'ardeur de son amitié en effectuant à son intention, dans les bibliothèques ou les collections de Rome, toute sorte de recherches '. Néanmoins Peiresc ne retira pour prix de ses instances que « d'assez bonnes et bien honnestes paroles, mais non pas de résolution bien formelle '•. »
Après avoir relâché à Gênes, où il salua le duc et les seigneurs de la République, et à Livourne, dont il chargea le gouverneur de présenter au grand duc de Toscane les compliments du roi, Noailles débarqua à Givita-Vecchia et fit le 15 avril son entrée à Rome, avec le cérémonial d'usage'. Dès le début les affaires pesèrent lourdement sur ses épaules. Il devait arracher au pape, inféodé à la politique espagnole, son assentiment pour la formation d'une Ligue
1. Les correspondants de Peiresc. J.-J Bouchard (publ. p. Tamizey de Larroque, Paris, 1881, lettre du 13 août 1633).
2. V. sur lui la notice de Tamizey de Larroque, en tète des lettres de Bouchard à Peiresc et Y Historiette que lui a consacrée Talleraant, éd. P. Paris et Monmerqué, t. VII, p. 138.