Cf. Lettres de Peiresc, t. III, p
4. Ibid., t. III, p. 57 et t. IV, p. 102. A peine arrivé à Rome, Noailles reçut une lettre de Chapelain qui, sur les instances du comte de Fiesque, sollicitait de l'ambassadeur la grâce d'attacher Bouchard à sa personne. Il insistait surtout sur l'« habitude dans la cour romaine » île son ami. Noailles l'aurait peut-être pris à son service, mais Bouchard lui donna, on rie sait à quel propos, sujet de mécontentement. (Lettres de Chapelain au comte de Fiesque et à Noailles des 23 et 24 avril et du 1er septembre 1634, o. c, t. I, pp. 67 et 76).
3. Arch. Aff. étrang., Borne, t. XL VIII, f° 79, lettre du P. Tuault à l'évêque de Saint- Flour du 23 avril 1634 ; ibid., f° 81, de Noailles au même, même date ; t. LUI, f° 22, de Noailles à Bouthillier du 27 avril 1634.
défensive entre toutes les principautés italiennes et le roi de France, tâcher à cet effet d'accommoder les différends du Saint- Père avec Venise au sujet des confins de l'Etat ecclésiastique et de la République, amener le souverain Pontife à confirmer le cardinal Antonio Barberini comme comprotecteur de France, nomination particulièrement désagréable aux Espagnols ; régler une foule d'autres questions : celle du démariage de Monsieur, celle des bénéfices vacants en Lorraine, celle de l'union projetée entre le duc de Mantoue, ami de la France, et Marie de Gonzague, sa belle-fille 1, etc. Les deux secrétaires de Noailles, Duplessis et Cottignon suffisaient à peine à dresser les mémoires, à préparer les notes et à expédier les dépêches de l'ambassade. Même, en octobre 1634, le deuxième de ces employés quitta le comte pour retourner en France \
Privé d'un concours précieux, Noailles presse de nouveau son frère d'engager La Mothe le Vayer à se rendre auprès de lui. C'est un homme, déclare-t-il, « qui sait très bien l'histoire », dont les lumières lui seraient utiles « à des conférences d'estude » et qui, s'il était chargé des « respondances » des lettres ne concernant pas les affaires secrètes de l'ambassade, lui apporterait « un grand soulagement en beaucoup de choses »3. Mais le sceptique philosophe ayant percé le caractère du comte, écartait les offres les plus avantageuses de l'évêque de Saint- Flour. A la fin de janvier 1635, l'ambassadeur finit par comprendre que le personnage dont il sollicitait avec empressement les services, ne voulait pas se mettre à sa disposition1. En
1. Arch. Aff. étrang., Rome, t. LUI, fos 1-6, Instructions données à Noailles avant son départ pour l'ambassade de Rome (2 janv. 1634); îbid., du 25 mai 1634, Instruct. au snjetdelacomprolection, T. LIV, f" 132, Mémoire envoyé par Noailles et: Créquy sur l'affaire de la comprotection, etc. Cf. aussi Le Vassor, Hisf. de Louis XIII, t. IV, pp. 515, 527, 537, etc.
2. Arch. Aff. étrang., Rome, t. XL VIII, fos 294 et 324, lettres du 24 octobre du 22 novembre 1634 adressées par Noailles à son frère.
3. Arch. Aff. étrang., Rome, t. XLVIII, fos 294, 344 et 350, lettres de NoailH à son frère du 24 octobre et des 4 et 6 décembre 1634. Noailles espérait au moment de s'embarquer à Marseille que La Mothe le suivrait bientôt ; cf. une lettre di 14 mars 1634 de Peiresc à Gassendi (Lettres de Peiresc, t. IV, p. 476). Dans une lettre du 18 juillet 1634 (Arch. Aff. étrang., Rome, t. XLIX, f 412, Noailles chai son frère de presser La Mothe de partir pour Rome.
4. Après avoir recommandé à son frère (Arch. Aff. étrang., Rome, t. XLVIII, f° 388) le 3 janvier 1635 de faire un dernier effort auprès de La Mothe, il lui écrit lf 31 janvier [ibuL, î" 432) : « Pour ce qui est de La Mothe, je croys qu'il n'y fauR
MAINARD ET RICHELIEU 227
même temps les messages de son frère et ceux de Mainard lui montraient que le président, après ses hésitations et ses refus, se déciderait sous peu à partir pour Rome.
Un sort fâcheux semblait s'être acharné sur notre auteur. De gros malheurs de famille avaient accompagné ses mécomptes concernant sa cour à Richelieu.
Sa femme, de santé précaire, était alitée depuis de longs mois. Percluse de maux, son état réclamait des soins incessants. Une rechute, au printemps de 1634, mit de nouveau ses jours en danger. La maladie, puis la perte de son fils aîné, vinrent attrister encore davantage sa demeure. Déjà, ane dizaine d'années auparavant, la mort avait frappé à sa porte : l'aînée de ses filles avait quitté le monde et la douleur de Mainard s'était exhalée en des stances touchantes, où vibre l'accent ému de la première tristesse paternelle du poète :
Mon noir chagrin est un mal sans remède, La Parque avare a volé tout mon bien.
Ma fille est morte ; et l'Elise possède L'aimable esprit qui possedoit le mien.
Que deviendrai-je après un tel naufrage ? Qui taschera de modérer mon dùeil ?
Qui soutiendra le foible de mon âge ; Et promettra des fleurs à mon cercueil?
0 ciel, autheur de ma noire adventure, Mon cœur soumis ne t'a pas ofïencé ; Et cependant l'ordre de la nature Est pour me nuire aujourd'huy renversé.
Haste ma fin que ta rigueur diffère ; Je hay le monde, et n'y prétens plus rien, Sur mon tombeau ma fille devroit faire Ce que je fais maintenant sur le sien '.
plus songer après y avoir pris la peine que vous m'escrivés ». Ce n'est pas que le voyage d'Italie répugnât à la Mothe. En 1635 même, il le fit comme secrétaire du président Nicolas de Bellièvre, ambassadeur extraordinaire de Sa Majesté près des princes italiens (Cf. Lettres inéd. de Chapelain, t. I, p. 109).