‹ Le poète François MainardChapitre 131 sur 375 · III. — La Rome pontificale · texte numérisé non relu

III. — La Rome pontificale

a. Bon accueil d'Urbain VIII. Ode deMainardau pape. Poésies dont il donne lecture au pontife. — Relations qu'il se crée dans l'entourage du pape : les cardinaux Antoine et François Barberini; Guy Bentivoglio. — Causeries sur les écrivains français : Balzac, Voiture, Sirmond, Chapelain. — La Bulgaréide de Braciolini.

b. Mainard et la politique du Vatican hostile à la France. Epigramme à Urbain VIII. — Dévotion de Mainard, malgré ses plaisanteries sur la Cour pontificale.

IV. — Arrivée du maréchal d'Estrées, nouvel ambassadeur à Rome. —

Motifs secrets du rappel anticipé de Noailles. — Rupture de Gênes : Noailles accuse Mainard de l'avoir desservi à la Cour.

Ce n'était pas la première fois que Mainard voyait l'Italie. Neuf mois environ après l'arrivée de notre personnage dans la Ville Eternelle, Chapelain louait le dessein qu'il avait pris « d'aller encore visiter Rome la Sainte et d'y repaistre encore

ses yeux des merveilles qui s'y sont faites autrefois1 », ce qui prouve qu'il était précédemment venu dans la Cité. A la suite de quel protecteur s'y était-il rendu? Aurait-il fait partie des gens de Condé, lorsqu'en octobre 1G22, dépité par la nouvelle de la paix accordée aux protestants2, ce prince quitta la France, sous prétexte d'accomplir un pèlerinage à Lorette? Cette supposition nous semble très plausible. Elle s'accorde avec la cour assidue que Mainard faisait à ce moment à Condé arrivé à l'apogée de sa gloire. Elle s'accorde aussi avec certaines indications :t des cahiers autographes du poète. En tout cas, ce voyage se place mieux à cette date que plus tard, par exemple en 1630, quand Mainard, par crainte de la peste, refusa de se rendre en Savoie, où l'appelait un comte de ses amis 4.

1. Lettre à Mainard du 16 mai 1030. Tamizey de Larroque interprète ce passage de la manière suivante (p. c, I, 113, note 1) : Mainard aurait en mars 1031 accompagné Noailles à Rome; serait revenu en France quelques mois après, attendu qu'il adressse à Chapelain à la fin d'août 1034 une lettre de Saint-Céré à propos de sa candidature à l'Académie française, puis serait reparti pour Rome. Les documents inédits que nous avons cités montrent que les choses ne se passèrent pas ainsi.

2. La paix de Montpellier, 18 octobre 1022. Condé se mit en route le 9 octobre, dès les premiers bruits de la conclusion du traité avec les huguenots. Le 7 mars 1023, il était de retour en France. La sèche relation de son Vogage en Italie (Rourges, 1024, in-12) ne cite pas le nom do Mainard, non plus que celui des gentilshommes et des domestiques qui accompagnaient ce prince.

3. Cf. ms. 843 de laRibl. de Toulouse, f° 4 verso : « Il ne fault pas aller à Rome pour voir des antiquailles ; j'en ay chez moy une bonne provision » ; au f° 100, il parle des débauches auxquelles il s'est livré,

Dans le palais d'un Cardinal

Sur les sept fameuses collines.

Or, les premières pages de ce cahier ont été écrites vers 1020. Nous concédons que la citation n'est pas probante et que le poète a pu transcrire plus tard les vers de ci-dessus sur un espace laissé au moment où il a utilisé le haut de la page.

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