Cf. ms. 843 de la Ribl. de Toulouse, f° 123 verso
Mon Comte
Pour n'avoir pa(s) veu la Savoje
Comme je te l'avoy promis
Veux-tu désormais que je croye
(Jue tu n'es plus de mes amys ?
J'aborre la peste et la guerre,
Et le premier de ces démons
M'eut sans doute mis sous la terre
Si jeusse osé passé les mon(t)s.
11 s'agit vraisemblement du comte de Clermont qui, en 1030, avait suivi I Montmorency en Piémont et s'était distingué, ainsi que son chevaleresque ami, au combat de Veillane (cf. Simon du Gros, Vie du Duc de Montmorency, pp. 200,"' 215, etc.). La peste décimait encore en août 1030 les troupes de Montmorenc (ibid., p. 233).
Donc, en se dirigeant vers la péninsule en juillet 1635, Mainard partait pour un pays de connaissance. Il emprunta la route de Savoie et, passant les Alpes, traversa les principautés italiennes « à la barbe des Espagnols ' et de la canicule ». Après être resté « un mois sur les chemins » et avoir subi avec horreur la (( maudite chère » des hôtelleries italiennes, il salua, en août 1635, la Ville aux sept collines2.
Il est certain que Noailles fit bon visage à notre auteur et que, durant leur séjour à Rome, l'ambassadeur et son secrétaire s'entendirent fort bien. D'abord, Mainard avait pour tâche de rédiger les missives et les dépêches de l'ambassade. C'était une besogne fatigante, vu la quantité d'affaires que Noailles devait tirer au clair et auxquelles il devait donner une solution satisfaisante. De plus, Mainard correspondait avec l'évêque de Saint- Flour à qui il demandait au nom du comte des renseignements confidentiels sur la Cour et sur le Cardinal ou qu'il mettait au courant des affaires personnelles de l'ambassadeur '. Puis, sa qualité d'homme de confiance lui faisait encore accomplir des besognes plus délicates et plus ou moins désagréables'1. Comme Olivier de Magny, il aurait pu écrire :
Mon principal estât, c'est d'estre secrétaire Mais on me fait servir de mille autres mestiers.