‹ Le poète François MainardChapitre 158 sur 375 · Perrens, Les Libertins en France au XVIP siècle, p · texte numérisé non relu

Perrens, Les Libertins en France au XVIP siècle, p

6. Lettres inéd. de Chapelain, t. I, p. 121, note 2, et p. 468.

7. Salfi (continuateur de Ginguené), Histoire littéraire de V Italie, t. XII, pp. 3< et suiv. — Belloni, // seicento, p. 126,

restés bons amis. Braciolini chanta dans un poème, renouvelé des combats entre vertus et vices en faveur au moyen âge, l'élection d'Urbain VIII ', et le pontife le recommanda chaudement à la bienveillance de son neveu. C'était même Sa Sainteté qui lui avait indiqué le sujet, tiré de Flavio Biondo, de sa Bulgarie convertie 2. C'est l'histoire de Bogoris, roi de Bulgarie au ixe siècle, qui, converti au catholicisme par un légat du pape Nicolas Ier, cède le trône à son fils aîné et entre au couvent. Mais à la nouvelle du retour de son fils à l'idolâtrie et des exactions auxquelles il se livre sur ses sujets, Bogoris sort du monastère, installe son cadet à la place du mauvais monarque, puis reprend sa vie de prières et de mortifications.

Mainard, qui analyse brièvement la Bulgarie, promet à Chapelain de lui en envoyer un chant « quand mesme il devroit le copier de sa main ». Le poème, poursuit Mainard, aura vingt chants et autant de vers que la Jérusalem du Tasse. Bien que l'auteur ait entrepris ce travail à l'âge de soixante-dix ans3, il l'a presque achevé en une année. Il est vrai que ce septuagénaire a la même vigueur d'esprit qu'un jeune homme de vingt-cinq ans et qu'un « poème héroïque ne lui couste pas tant de temps qu'il en faloit à Malherbe pour ajuster une ode de cent vers ». Mais il faut ajouter que la facilité naturelle de Braciolini se trouve secondée par l'indulgence que marquent les Italiens pour le style et la langue des poètes, « tandis que la politesse de nostre françois est un grand obstacle aux longues entreprises » \ Quant aux impressions que l'épopée lui a laissées, notre personnage se borne à reprocher au sujet d'être « un peu trop beau », c'est-à-dire trop romanesque, et à imputer à l'auteur d'y faire une trop large part au « merveilleux, soit pour les armes, soit pour l'amour »5. Observations justes

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